Semaine faste sur le marché des titres publics de l’UEMOA. Les Trésors ouest-africains ont fait le plein, portés par une liquidité abondante et un appétit des investisseurs qui ne faiblit pas. La Côte d’Ivoire, le Niger, le Mali et la Guinée-Bissau ont levé un montant cumulé de 217,17 milliards de FCFA la semaine dernière sur le marché régional de la dette publique de l’UEMOA, à l’occasion de cinq opérations. La leçon de la semaine : la confiance est de retour. Les quatre pays ont bénéficié d’un engouement des investisseurs, dont les propositions ont atteint 279,84 milliards de FCFA, pour des besoins estimés à 208,94 milliards de FCFA, soit un taux de couverture global de 133,93%. La demande a ainsi dépassé de 70,90 milliards de FCFA les montants recherchés par les émetteurs. Le taux d’absorption s’est établi à 77,61%.
Stratégie claire des émetteurs : allonger la dette pour financer l’investissement durable. Les quatre États ont clairement privilégié les emprunts à moyen et long terme. Sur les 217,17 milliards FCFA levés, les obligations assimilables du Trésor (OAT) représentent 185,22 milliards, soit environ 85,3% du total, contre 31,95 milliards de FCFA pour les bons assimilables du Trésor (BAT), soit près de 14,7%.
Le 29 septembre, la Côte d’Ivoire a sollicité le marché à hauteur de 100 milliards de FCFA, à travers un BAT à 364 jours et trois OAT de 3, 5 et 7 ans. L’opération a suscité 163,92 milliards de FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 163,92%. Le Trésor ivoirien a retenu 110 milliards de FCFA, soit 10 milliards de plus que le montant annoncé, contre 53,92 milliards de soumissions rejetées. Le taux d’absorption s’est établi à 67,11%.Dans le détail, la Côte d’Ivoire a retenu 19,89 milliards de FCFA sur le BAT à 364 jours (rendement 4,06%), 37,62 milliards sur l’OAT à 3 ans (rendement 6,36%), 36,25 milliards sur l’OAT à 5 ans (rendement 7,05%) et 16,24 milliards sur l’OAT à 7 ans (rendement 7,18%). Une opération maîtrisée avec des taux qui restent la référence de la zone.
Le Niger a réalisé deux opérations au cours de la semaine. Le 29 septembre, le pays a levé 14,03 milliards de FCFA à travers deux OAT de 2 et 5 ans. Les soumissions ont atteint le montant recherché, permettant au Trésor nigérien de retenir l’intégralité des offres. Les rendements moyens pondérés se sont établis à 7,30% pour l’OAT à 2 ans et à 7,40% pour celle à 5 ans. Le 1er octobre, une nouvelle adjudication portant sur 39,91 milliards de FCFA a également été intégralement couverte. Dans le détail, le Niger a retenu 4,57 milliards de FCFA sur le BAT à 364 jours (rendement 8,70%), 4,43 milliards sur l’OAT à 2 ans (rendement 8,49%), 2,78 milliards sur l’OAT à 3 ans (rendement 9,00%), 7,08 milliards sur l’OAT à 4 ans (rendement 7,65%) et 21,04 milliards sur l’OAT à 5 ans (rendement 8,62%). Des rendements plus élevés, reflet du risque pays, mais une demande qui suit.
Le Mali a mis en adjudication le 30 septembre 40 milliards de FCFA à travers un BAT à 364 jours, une OAT à 3 ans et une OAT à 5 ans, cette dernière n’ayant reçu aucune soumission. La demande des investisseurs a atteint 44,49 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 111,21%. Au total, 38,23 milliards de FCFA ont été retenus, soit 95,58% du montant recherché, contre 6,25 milliards de soumissions rejetées. Le taux d’absorption s’est établi à 85,94%.Dans le détail, le Mali a retenu 4,44 milliards de FCFA sur le BAT à 364 jours (rendement 4,90%) et 33,79 milliards sur l’OAT à 3 ans (rendement 7,74%). L’OAT à 5 ans, boudée, illustre la prudence des investisseurs sur les maturités longues maliennes.
La Guinée-Bissau a sollicité le marché le 28 septembre pour un montant de 15 milliards de FCFA, à travers un BAT de 344 jours et une OAT à 3 ans. Les investisseurs ont proposé 17,50 milliards de FCFA, portant le taux de couverture à 116,67%. Le Trésor a retenu la totalité du montant recherché, soit 15 milliards de FCFA, pour un taux d’absorption de 85,71%. Dans le détail, 3,05 milliards de FCFA ont été retenus sur le BAT, avec un rendement moyen pondéré de 5,67%, tandis que l’OAT à 3 ans a permis de mobiliser 11,95 milliards, à un rendement de 7,44%.
Au total, c’est un marché en pleine surchauffe positive qui s’offre aux émetteurs souverains : 133% de couverture en moyenne, signe que la liquidité régionale cherche du rendement et que les États, malgré les chocs, restent solvables aux yeux des investisseurs locaux.
Souleymane Coulibaly
