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Axe Cotonou-Paris: le Bénin sécurise 65,5 milliards FCFA pour l’électricité, l’agriculture et la santé

En marge de sa première visite officielle en France depuis son accession à la magistrature suprême, le Chef de l’État béninois, Romuald Wadagni, a marqué ce lundi 5 octobre 2026 à Paris une étape décisive dans la stratégie de développement du pays. La République du Bénin a en effet mobilisé 65,5 milliards de FCFA, soit près de 100 millions d’euros, destinés à trois secteurs stratégiques : l’électricité, l’agriculture et la santé. Ces financements, obtenus grâce à la signature de conventions avec l’Agence française de développement (AFD) et à un mandat conclu avec Bpifrance, traduisent la volonté du gouvernement béninois de renforcer ses infrastructures essentielles tout en consolidant son capital humain. Ils illustrent une ambition claire : bâtir un développement inclusif et durable, capable de transformer les conditions de vie des populations et de soutenir la croissance nationale.

Avec 52,1 milliards de FCFA, le Bénin engage un vaste programme d’extension du réseau de distribution de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE). Le projet PEDER+ prévoit plus de 120 000 nouveaux branchements dans 750 localités réparties sur quinze communes des départements du Mono, du Couffo et du Borgou. Au-delà de l’augmentation du nombre d’abonnés, l’ambition est triple : améliorer la qualité du service, réduire les disparités territoriales et assurer la viabilité financière de la SBEE par une diminution des pertes techniques. Ce projet illustre la détermination du gouvernement à faire de l’accès universel à l’électricité un levier de développement durable.120 000 foyers, c’est près d’un demi-million de Béninois qui sortent de l’obscurité. Pour les artisans de Lokossa, les soudeurs de Parakou, les élèves de Djougou, c’est la productivité et l’étude du soir qui deviennent possibles. C’est le Bénin rural qui est raccordé au Bénin émergent.

Le second pilier attaque le ventre et le portefeuille. Le secteur agricole bénéficie de 9,8 milliards de FCFA, dont 6,6 milliards consacrés à la pisciculture. Dix communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga verront émerger une filière piscicole compétitive, structurée de l’alevin au marché, afin d’accroître la production nationale de poisson et d’en améliorer la qualité. Le Bénin importe encore massivement du poisson congelé. Avec ce programme, il choisit de produire local, de créer une chaîne de valeur complète, de l’écloserie à l’assiette. Un financement complémentaire de 3,3 milliards de FCFA soutiendra les filières avicole, cunicole, protéagineuse et oléagineuse dans seize communes du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou. Ces investissements visent à renforcer la sécurité alimentaire, diversifier les sources de revenus et stimuler l’économie rurale. Poulet, lapin, soja, karité : ce sont des filières à haute intensité de main d’œuvre et à forte valeur ajoutée. La stratégie est claire, ne plus tout miser sur le coton, mais bâtir une agriculture diversifiée qui nourrit et enrichit.

C’est le projet le plus régalien et le plus innovant. Le troisième axe porte sur la création d’un laboratoire national d’expertise ADN, fruit d’une coopération avec le Laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux et garanti par Bpifrance Assurance Export. Doté d’une capacité de 30 000 analyses par an, ce centre ambitionne l’accréditation internationale ISO/IEC 17025.Le projet inclut la formation de plus de 500 professionnels et la mise en place d’une filière universitaire dédiée, garantissant la pérennité des compétences. Jusqu’ici, les analyses génétiques probantes nécessitaient l’envoi d’échantillons à l’étranger. Désormais, le Bénin disposera d’une autonomie scientifique et judiciaire, avec des retombées directes dans l’identification des victimes, l’établissement des filiations et la résolution des enquêtes criminelles. Fini d’envoyer les prélèvements à Paris ou à Lyon et d’attendre des mois. Le Bénin aura son propre centre, aux standards internationaux. C’est un saut de souveraineté judiciaire, un outil puissant contre l’impunité, pour la reconnaissance des droits des enfants et pour l’identification des victimes de catastrophes.

Ces trois engagements illustrent la priorité centrale du Président de la République : lutter contre l’extrême pauvreté en rapprochant l’action publique des populations. L’électricité qui éclaire un village, le poisson produit localement ou l’expertise médico-légale réalisée sur place sont autant de leviers concrets pour améliorer durablement les conditions de vie.

En couvrant des dizaines de communes dans huit départements, ces programmes alimentent directement les plans de développement de quatre pôles territoriaux, tout en dotant le pays de compétences inédites. Ils témoignent également de la vitalité du partenariat entre le Bénin, la France et l’Union européenne, et de la capacité du pays à mobiliser des ressources extérieures dans des conditions maîtrisées.

Souleymane Coulibaly

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