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Côte d’Ivoire: neuf pôles agro-industriels et 16 filières prioritaires pour faire des territoires le moteur de l’investissement privé

La Côte d’Ivoire affine sa stratégie de développement et mise résolument sur ses territoires pour attirer les capitaux. C’est le message fort délivré par le Ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, le mercredi 30 septembre 2026, lors du panel inaugural de la 7ᵉ édition de CONNECT Côte d’Ivoire expo des Régions et Districts. Au cœur de cette nouvelle doctrine : une valorisation systématique des potentialités économiques régionales, structurée autour de neuf pôles agro-industriels régionaux, de seize filières prioritaires et de sept grappes industrielles, afin de favoriser un investissement privé massif et mieux réparti.

Cette démarche n’est pas anodine. Elle tient à l’architecture même du financement du Plan National de Développement (PND). Sur un coût global estimé à 114 838,5 milliards de FCFA, ce sont 70,2% qui sont attendus du secteur privé. L’État ivoirien se positionne désormais comme facilitateur et aménageur, créant les conditions pour que le capital privé devienne le véritable moteur de la transformation structurelle. La pertinence de cette orientation a été confirmée lors du Groupe Consultatif de juillet 2026, qui a rassemblé plus de 3 600 participants issus de 49 pays, dont plus de 2 000 investisseurs. Une mobilisation record qui atteste de l’attrait qu’exercent les projets du Plan sur la scène internationale.

L’organisation territoriale présentée par le Ministre Diarrassouba repose sur une cartographie économique d’une précision inédite. Il ne s’agit plus de promouvoir la Côte d’Ivoire en bloc, mais de proposer une offre territoriale clairement identifiée. L’exemple le plus emblématique est celui de la filière anacarde, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. Pour capter davantage de valeur ajoutée localement, cinq parcs industriels dédiés sont prévus à Yamoussoukro, Bondoukou, Bouaké, Séguéla et Korhogo, avec des unités de transformation directement implantées dans les bassins de production. Une logique qui sera dupliquée pour les 15 autres filières prioritaires, du cacao au coton, en passant par le palmier à huile.

Conscient qu’aucun pôle ne peut prospérer sans connectivité, le gouvernement fait du développement des infrastructures le corollaire indispensable de cette politique. Le Plan prévoit un programme titanesque : 1 014 km d’autoroutes et 6 774 km de routes interurbaines bitumées, destinés à relier efficacement les zones de production, les pôles économiques et les marchés nationaux et sous-régionaux.

Pour éviter que cette ambition ne reste au stade des discours, le suivi de la mise en œuvre comporte un volet territorial concret, assuré par les Comités locaux de suivi du PND, présidés par les Préfets de région. Une gouvernance de proximité chargée de lever les obstacles et de s’assurer que les projets prennent vie sur le terrain. Comme l’a résumé avec justesse le Dr Souleymane Diarrassouba : « C’est donc cette chaîne que nous devons construire : une offre territoriale clairement identifiée, des projets suffisamment structurés, une rencontre organisée avec les investisseurs et les partenaires, puis un accompagnement permettant de transformer les intérêts exprimés en réalisations concrètes. »

Abdoulaye Cissé

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