C’est un discours qui a retenti avec une résonance particulière dans l’enceinte de verre de l’ONU. C’est au nom du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, que la délégation malienne conduite par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a pris la parole devant la 81e Assemblée générale des Nations Unies, ce lundi 28 septembre 2026.
Dans une déclaration empreinte de gravité, de fermeté et d’une souveraineté assumée, le Mali a réaffirmé son attachement à un multilatéralisme réformé, fondé sur le respect intangible de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États. Une date symbolique, qui n’a pas été choisie au hasard. Le chef de la diplomatie malienne a rappelé que le Mali avait rejoint l’ONU le 28 septembre 1960, six jours seulement après son indépendance, sous la conduite du Président Modibo Keïta. Soixante-six ans plus tard, jour pour jour, le pays se félicite du thème de la 81ᵉ session : « Restaurer la confiance, accompagner les transformations : une Organisation des Nations Unies au service de tous ».
Sans détour, le chef de la diplomatie malienne a dénoncé les violations flagrantes du droit international, l’application sélective des normes et la persistance de la politique du « deux poids deux mesures » qui mine la crédibilité de l’Organisation. Il a également lancé un appel solennel à la levée immédiate des mesures coercitives unilatérales, jugées contraires à la Charte des Nations Unies, contraires à la souveraineté des États et surtout nuisibles aux populations qui en sont les premières victimes.
Dans une charge historique, Abdoulaye Diop a pointé du doigt l’intervention militaire de l’OTAN en Libye en 2011, qualifiée d’« aventure aux risques non maîtrisés », qui aurait, selon Bamako, semé les graines de la déstabilisation et aggravé exponentiellement la crise sécuritaire au Sahel. Le Mali a condamné avec la plus grande fermeté le terrorisme international et ses « sponsors étatiques », accusant notamment, de manière frontale, l’Ukraine d’ingérence et de soutien avéré aux groupes armés terroristes dans la région. Une accusation grave qui a glacé l’assemblée. Face à cette menace existentielle, M. Diop a mis en avant la création de la Confédération des États du Sahel (AES) en juillet 2024, regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, comme une réponse historique, endogène et souveraine pour « prendre en main le destin » des peuples sahéliens.
Le ministre a insisté sur une vision de la souveraineté qui ne se limite pas au territoire et au drapeau, mais qui englobe aussi les choix économiques et technologiques. Une souveraineté intégrale. Le gouvernement a réaffirmé son engagement dans la Vision Mali Kura 2063 et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033), visant à bâtir une économie compétitive, industrialisée et une société juste. Dans une formule qui restera comme le point d’orgue de son discours, il a souligné que l’aide internationale, bien que utile, « n’a jamais développé un pays », plaidant pour une mobilisation accrue des ressources internes et une transformation locale des richesses naturelles.
Le Mali a plaidé pour une Organisation des Nations Unies refondée, plus représentative, plus juste et plus démocratique, où la voix de l’Afrique serait pleinement entendue au Conseil de Sécurité. Le pays a réaffirmé sa disposition à contribuer activement à l’avènement d’un monde « en paix, plus sûr, plus juste, plus prospère et plus solidaire ».
Souleymane Coulibaly
