La Confédération des États du Sahel (AES) passe à la vitesse supérieure sur le front économique. La 5e réunion des Ministres chargés de l’Industrie et du Commerce et le secteur privé s’est ouverte ce lundi 28 septembre 2026 à Bamako, sous la présidence du Premier Ministre malien de Transition, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Une rencontre d’une importance capitale, qui vise à donner enfin un contenu économique concret à l’ambition politique de la Confédération.
Dans son discours d’ouverture d’une rare fermeté, le Chef du Gouvernement a placé les échanges sous le signe de la construction d’un espace économique confédéral solidaire, fort et intégré. Il a rappelé avec force que le développement économique constitue l’un des trois piliers sacrés de la Confédération, aux côtés de la défense et de la sécurité et de la diplomatie. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de traduire cette ambition en actions concrètes et palpables pour les populations, notamment à travers : Une meilleure circulation des personnes, des biens et des services; des investissements structurants et endogènes ; une implication accrue et décomplexée du secteur privé, véritable moteur de la création de richesse.
Au cœur de son intervention, le Premier Ministre a dressé un constat lucide et sans concession : la faiblesse abyssale des échanges commerciaux entre les trois États. Citants les données de la surveillance commerciale de l’UEMOA pour 2021/2022, il a révélé que les échanges intra-AES ne représentaient que 17,09% des échanges commerciaux totaux des trois pays avec l’espace communautaire, pour une valeur estimée à 351,6 milliards de FCFA, contre 2 056,9 milliards de FCFA pour leurs échanges avec le reste de l’Union. Autrement dit, le Mali, le Burkina Faso et le Niger commercent six fois plus avec l’extérieur qu’entre eux. Une aberration économique et stratégique que la Confédération entend corriger.
Pour inverser cette tendance, le Premier Ministre a appelé à agir simultanément sur deux leviers indissociables : Fluidifier les corridors et lever les barrières non tarifaires et renforcer et diversifier la production au sein de l’espace confédéral.
Les travaux ministériels se poursuivront tout au long de cette journée avec un agenda dense: Examen du rapport des experts ; échanges sur les recommandations relatives aux obstacles au commerce, à l’entrepreneuriat, à l’industrialisation et à l’investissement endogène ; examen des projets de relevé de conclusions, de communiqué final et de feuille de route.
Une attention particulière sera accordée à la libre circulation des marchandises et des personnes, à la lutte contre les pratiques anormales dans le commerce, au développement industriel, à la compétitivité du secteur privé et à la création tant attendue d’une centrale d’achat confédérale.
À travers cette rencontre, l’enjeu dépasse ainsi le seul cadre institutionnel des Ministères en charge de l’Industrie et du Commerce. Il s’agit de donner une traduction économique aux ambitions de la Confédération, en rapprochant les marchés, en valorisant davantage les ressources et productions locales et en créant les conditions d’une participation plus forte du secteur privé.
Dans cette perspective, le Premier Ministre a souhaité que les recommandations issues des travaux débouchent sur une feuille de route claire, opérationnelle, pour une économie confédérale plus intégrée, plus compétitive et robuste.
Souleymane Coulibaly
