À l’issue de sa 132e réunion régulière tenue du 23 au 24 septembre 2026, le Comité de Politique Monétaire (MPC) de la Banque du Ghana (Bank of Ghana) a décidé à l’unanimité de maintenir son taux directeur à 14,0%.Une décision de prudence et de confiance, annoncée par le Gouverneur Dr. Johnson Pandit Asiama, qui traduit la volonté de consolider les acquis tout en restant vigilant face aux vents contraires de l’économie mondiale.
Dans son communiqué, le Comité a justifié sa position par la résilience continue de l’économie nationale. Cette solidité est soutenue par trois facteurs positifs convergents :Des conditions de crédit nettement améliorées pour les entreprises et les ménages, un sentiment commercial et consommateur en nette amélioration, signe d’une confiance retrouvée et une activité économique qui maintient une forte dynamique, avec une croissance réelle du PIB de 6,0% au second trimestre 2026.
Le secteur bancaire, véritable baromètre de la santé économique, reste solide, rentable et liquide, selon le Comité, ce qui permet de soutenir le financement de l’économie sans risque systémique. Côté prix, la situation reste sous contrôle : l’inflation s’est établie à 5,0% en août 2026, un niveau bien ancré dans la fourchette cible de la Banque Centrale, confirmant l’efficacité du resserrement monétaire passé. Toutefois, le MPC ne cède pas à l’euphorie et garde les yeux ouverts sur les risques émergents qui pourraient raviver les pressions inflationnistes.
Le Comité a explicitement cité : la hausse des prix du pétrole brut sur le marché international, les ajustements à la hausse annoncés des tarifs des services publics (eau, électricité), et la persistance des pressions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Commentant cette décision d’équilibre, le Gouverneur Dr. Asiama a résumé la philosophie du Comité : « l’équilibre des risques liés à l’inflation et à la croissance reste largement équilibré. » En d’autres termes : pas de raison de durcir davantage pour freiner une économie qui va bien, mais pas non plus de raison d’assouplir prématurément face à des risques inflationnistes qui couvent. Le Comité a conclu en indiquant qu’il continuera de surveiller de très près les développements économiques nationaux et internationaux et d’évaluer leurs implications pour l’inflation et la croissance, prêt à ajuster sa politique si nécessaire.
Nana Touré
