En marge de la 81ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, la diplomatie de la Confédération des États du Sahel (AES) s’est mise en ordre de bataille. Les Ministres des Affaires étrangères de la Confédération AES ont tenu, le mardi 22 septembre 2026, une séance de travail de haut niveau avec leurs homologues de l’Allemagne, de l’Italie et de la Suisse. Une rencontre tripartite inédite par son format, qui marque une inflexion majeure dans le repositionnement international de l’Alliance.
Selon le communiqué, les échanges, qualifiés de directs, francs et cordiaux, ont tranché avec les habituelles langues de bois diplomatiques. Quatre axes majeurs ont structuré les discussions. L’impératif du dialogue politique : Les parties ont convenu de l’importance vitale de maintenir un canal de dialogue politique permanent, au-delà des turbulences et des incompréhensions.
La globalité de la menace terroriste : Les Ministres de l’AES ont réaffirmé leur lecture de la crise sécuritaire. Le terrorisme au Sahel n’est pas un phénomène périphérique ou localisé, mais une menace globale, dont l’endiguement profite à la sécurité européenne elle-même. Une approche qui appelle une solidarité et non une leçon de morale.
Le primat des peuples sahéliens : Point cardinal de la doctrine AES, la nécessité de tenir compte des attentes profondes des populations sahéliennes et des priorités souveraines des gouvernements des pays de l’AES a été placée au cœur des échanges. Fini le temps des programmes conçus à l’extérieur et imposés de l’intérieur.
Le pragmatisme économique : les discussions ont exploré les perspectives très concrètes de renforcement de la coopération économique, commerciale et industrielle entre la Confédération AES et les trois puissances européennes concernées. Berlin pour son industrie et sa technologie, Rome pour son ancrage méditerranéen, Berne pour sa finance et son expertise.
Cette rencontre a constitué bien plus qu’une simple réunion en marge de l’AGNU. Elle a constitué un cadre de dialogue politique de haut niveau, structuré et assumé, entre la Confédération AES en tant qu’entité collective et des partenaires européens majeurs. Elle illustre avec éclat la doctrine diplomatique désormais affichée de la Confédération AES : une disponibilité totale à nouer et à renforcer des partenariats sur des bases sincères, mutuellement respectueuses, dans le cadre d’une coopération gagnant-gagnant.
Les Ministres ont conclu en réaffirmant avec une clarté qui ne souffre d’aucune ambiguïté leur volonté commune de pérenniser ce dialogue politique dans un schéma de partenariat d’égal à égal et non de maintien de relations de dépendance.
Nana Touré
