Le rapport d’exécution budgétaire publié le vendredi 11 septembre 2026 confirme la solidité de la mobilisation des ressources publiques et la maîtrise des dépenses. À mi-parcours de l’exercice, l’État du Sénégal affiche des performances notables, portées par une dynamique fiscale soutenue et une gestion prudente des charges.
À fin juin 2026, les recettes du budget général se sont établies à 2 617,3 milliards FCFA, soit 44,1 % de l’objectif annuel fixé à 5 932,2 milliards FCFA par la Loi de Finances Initiale (LFI). Les recettes fiscales atteignent 2 458,7 milliards FCFA, représentant 45,7 % de la cible annuelle et 97,9 % de l’objectif semestriel. En glissement annuel, elles progressent de 368,2 milliards FCFA (+17,6 %), essentiellement grâce à la montée en puissance des impôts directs, signe d’une meilleure captation des revenus des entreprises et des ménages.
Les recettes non fiscales s’élèvent à 124,2 milliards FCFA, soit 112,9 % de la cible semestrielle. Elles enregistrent une hausse de 6,5 % par rapport à 2025, portée par la valorisation du domaine public et les revenus liés aux hydrocarbures. Cette progression est toutefois atténuée par des moins-values sur les commissions de transfert et certaines autres recettes. Les dons mobilisés atteignent 34,4 milliards FCFA, soit 18 % de l’objectif annuel, exclusivement constitués de dons en capital.
Les dépenses du budget général se sont élevées à 2 874,7 milliards FCFA à fin juin 2026, soit 40,1 % des prévisions annuelles. Ce niveau traduit une exécution modérée, en ligne avec la tendance habituelle d’une montée en charge plus marquée au second semestre.
Les dépenses ordinaires représentent 2 196,4 milliards FCFA, soit 50,2 % des prévisions budgétaires. Elles sont dominées par : Les dépenses de personnel, qui atteignent 759,6 milliards FCFA, confirmant le poids structurel des rémunérations dans le budget. Les transferts courants, exécutés à hauteur de 658,5 milliards FCFA, traduisant l’importance des appuis financiers aux institutions et collectivités.
Les charges de la dette se chiffrent à 621,2 milliards FCFA, ventilées entre : 453,1 milliards FCFA pour la dette extérieure, 168,1 milliards FCFA pour la dette intérieure. Cette répartition illustre la prépondérance des engagements extérieurs dans le service de la dette publique.
Le rythme d’exécution des investissements demeure modéré à mi‑parcours, conformément à la tendance structurelle où leur accélération intervient généralement au second semestre. Cette temporalité reflète la complexité des procédures de mise en œuvre et la concentration des projets structurants en fin d’exercice.
La différence entre recettes et dépenses traduit un déficit contenu, cohérent avec la trajectoire de consolidation budgétaire. La prudence affichée dans l’ordonnancement des dépenses témoigne d’une volonté de préserver les équilibres macroéconomiques tout en maintenant la dynamique de mobilisation des ressources.
Ce rapport semestriel confirme une situation financière globalement saine, où la progression des recettes et la discipline budgétaire permettent de contenir le déficit, tout en ouvrant des marges pour l’investissement et la croissance inclusive.
Souleymane Coulibaly
