La Bourse de Johannesburg (JSE) a confirmé être en pourparlers avec le groupe nigérian Dangote afin d’accueillir une cotation secondaire de sa méga-raffinerie pétrolière, après son introduction initiale prévue au Nigeria. Selon nos confrères Reuters, cette opération pourrait s’imposer comme l’une des plus importantes IPO de l’histoire africaine, renforçant la dimension panafricaine du projet.
« Ils seront d’abord cotés au Nigeria, mais avec la ferme intention, nous l’espérons, d’amener ensuite cette cotation en Afrique du Sud », a indiqué un porte-parole du JSE.
Cette déclaration illustre l’intérêt de la première place boursière du continent pour un actif stratégique, alors que Dangote vise à lever près de 5 milliards de dollars sur le Nigerian Exchange (NGX), pour une valorisation estimée à 40 milliards de dollars.
D’après plusieurs sources médiatiques, le groupe a déjà déposé un dossier préliminaire auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria. L’introduction est envisagée pour octobre, sous réserve de l’aval du régulateur, avec la publication d’un prospectus dès septembre. Cette première cotation constituerait l’étape inaugurale d’un projet plus vaste : ouvrir le capital de la plus grande raffinerie d’Afrique à des investisseurs répartis sur plusieurs marchés du continent.
Au-delà de Johannesburg, d’autres places africaines observent attentivement l’opération. En avril, les dirigeants des Bourses de Nairobi, Accra, Addis-Abeba, Johannesburg et de la BRVM (Union économique et monétaire ouest-africaine) se sont réunis à Lagos sous l’égide de l’Association des Bourses africaines. L’objectif : explorer les modalités d’une participation régionale.
Pour l’heure, une double cotation simultanée sur plusieurs marchés n’est pas envisagée. Les autres places pourraient plutôt recourir à des certificats représentatifs d’actions ou à des instruments financiers adossés aux titres cotés à Lagos, permettant aux investisseurs locaux d’accéder au capital sans déplacer la cotation principale.
L’appétit des investisseurs panafricains se manifeste déjà. Des institutions kényanes envisageraient de mobiliser jusqu’à 500 millions de dollars, tandis que des discussions sont en cours avec des acteurs en Égypte, au Ghana et au Rwanda.
Érigée pour environ 20 milliards de dollars par le milliardaire Aliko Dangote, la raffinerie de Lagos a démarré sa production en 2024 et atteint sa pleine capacité en 2025. Avec une capacité de 650 000 barils par jour, elle s’impose comme la plus grande raffinerie du continent. La compagnie nationale nigériane NNPC détient un peu plus de 7 % du capital.
Le groupe projette par ailleurs de porter la capacité du site à 1,4 million de barils par jour, une expansion qui pourrait être financée grâce aux fonds levés lors de l’IPO.
Avec une capitalisation avoisinant 24 900 milliards de rands (près de 1 520 milliards de dollars), la JSE concentre environ 60 % de la capitalisation totale des marchés actions africains. L’accueil d’une cotation secondaire de Dangote Petroleum Refinery renforcerait encore son statut de place financière incontournable sur le continent.
Nana Touré
