C’est un partenariat d’une ampleur inédite qui vient de sceller l’alliance sanitaire entre Abidjan et Washington. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, et le Chargé d’Affaires à l’Ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire, Junaid Munir, ont procédé la semaine dernière à la signature d’un Accord sur les Objectifs Stratégiques en matière de santé.
Loin d’une simple subvention ponctuelle, l’accord dévoile une architecture financière à trois étages, conçue pour une montée en puissance progressive et durable. Intervenant à cette occasion, le ministre Adama Coulibaly a détaillé l’enveloppe : « Le présent accord prévoit une contribution initiale du Département d’État américain, d’un montant estimé à plus de 15 millions de dollars US. »Il ne s’agit là que de l’amorce. Le ministre a précisé que « Il ouvre également la possibilité de porter progressivement cette contribution, sous réserve de la disponibilité des ressources et des procédures prévues, jusqu’à un plafond de plus de 134 millions de dollars. À cette enveloppe, pourra s’ajouter une contribution américaine complémentaire pouvant atteindre près de 352 millions de dollars, mobilisés à travers différents mécanismes de mise en œuvre ».
Au total, c’est donc un potentiel de plus de 500 millions de dollars, soit plus de 300 milliards de FCFA, qui pourrait être mobilisé pour la santé ivoirienne. Comme l’a souligné le ministre, ces concours « témoignent de l’importance stratégique que les deux pays accordent à la sécurité sanitaire », érigée au rang de pilier de la sécurité nationale.
Le ministre Coulibaly a tenu à le marteler : cette convention « n’est pas seulement un instrument de financement, il constitue un cadre de résultats et de redevabilité, dont la mise en œuvre reposera sur des indicateurs mesurables, un suivi conjoint, des audits réguliers et une gouvernance adaptée. »
En d’autres termes, Washington ne se contente pas de financer, il s’engage dans une logique de performance. Chaque dollar décaissé devra se traduire par un résultat sanitaire tangible, vérifiable et auditable. C’est le passage d’une aide au développement classique à un partenariat de performance.
Moussa Traoré
