Le Ministre des Finances de la République démocratique du Congo, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a lancé, en présence des principales parties prenantes, les ateliers préparatoires à la visite des experts du Groupe d’action financière (GAFI). Ces travaux constituent une étape cruciale dans le processus d’évaluation de la RDC, appelée à démontrer la solidité et la pérennité des réformes engagées dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Ces sessions visent à : Préparer les entités assujetties (banques, institutions financières, opérateurs économiques) à présenter leurs dispositifs de conformité. Renforcer la coordination entre autorités d’enquête, instances de poursuite et régulateurs. Documenter les résultats obtenus après la mise en œuvre substantielle des 23 actions assignées à la RDC par le GAFI.
Le Ministre des Finances a rappelé avec force : « Une chose est d’implémenter des réformes, une autre est de s’assurer de leur pérennisation. » Cette déclaration traduit la volonté de dépasser la logique de conformité ponctuelle pour inscrire les réformes dans une dynamique durable.
L’enjeu est majeur : la RDC ambitionne de franchir une étape déterminante vers sa sortie de la liste grise du GAFI, qui regroupe les pays jugés vulnérables en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Cette sortie, conditionnée à l’évaluation des experts, renforcerait la crédibilité internationale de la gouvernance financière congolaise et améliorerait l’attractivité du pays auprès des investisseurs.
La tenue de ces ateliers illustre une volonté politique forte de consolider les acquis. En impliquant les acteurs opérationnels, le gouvernement cherche à démontrer que les réformes ne sont pas seulement théoriques, mais qu’elles produisent des effets tangibles. Une sortie de la liste grise aurait des retombées directes sur la confiance des partenaires financiers et des bailleurs de fonds. Elle faciliterait l’accès aux financements internationaux, réduirait les coûts de transaction et améliorerait la réputation des institutions bancaires locales.
Malgré les avancées, la RDC doit encore relever plusieurs défis : Assurer la formation continue des acteurs assujettis. Garantir la traçabilité des flux financiers dans un contexte marqué par l’importance du secteur informel. Maintenir une coordination interinstitutionnelle efficace, souvent fragilisée par des chevauchements de compétences.
Dans une région où les flux financiers illicites alimentent parfois l’instabilité, la réussite de la RDC renforcerait la coopération régionale et consoliderait son rôle au sein des instances africaines de régulation.
Les ateliers préparatoires lancés par le Ministre des Finances apparaissent comme une étape décisive dans le processus de normalisation financière de la RDC. Au-delà de la conformité technique, il s’agit d’un test de crédibilité politique et institutionnelle. Si les résultats sont jugés satisfaisants par le GAFI, la RDC pourrait non seulement sortir de la liste grise, mais aussi se repositionner comme un acteur financier fiable et attractif sur la scène internationale.
Fatoumata Traoré
