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Accord technique entre le Sénégal et le FMI: Ousmane Sonko exige la transparence totale

Après plusieurs mois de négociations, le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont annoncé la conclusion d’un accord technique ouvrant la voie à un programme économique et financier de 2,2 milliards de dollars (1 243 milliards FCFA) sur trois ans. Cet accord, qui reste soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI, constitue une étape majeure dans la stratégie de financement du pays.

Le communiqué du FMI met en avant des engagements du Sénégal autour de la viabilité des finances publiques, de la mobilisation des ressources intérieures, de la protection des ménages vulnérables, ainsi que de la rationalisation des dépenses et du renforcement des filets sociaux. Il évoque également la nécessité d’une meilleure supervision des entreprises publiques et d’une amélioration de l’environnement des affaires.

Cependant, les détails précis concernant le traitement de la dette et la mise en œuvre des audits internationaux exigés restent absents du langage diplomatique employé. Cette absence de clarté nourrit les interrogations sur la nature exacte des engagements pris par l’État sénégalais.

Dans une réaction publiée sur les réseaux sociaux, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a souligné que « le langage diplomatique tenu de part et d’autre ne donne aucune information sur le détail de ce projet d’accord ». Il a insisté sur la nécessité d’une transparence absolue, rappelant que les engagements pris engagent directement les citoyens, qui en supporteront le poids actuel et futur.

Sonko a demandé au gouvernement de publier le mémorandum de politiques économiques et financières validé par les deux parties, ou à défaut de le transmettre à l’Assemblée nationale afin de permettre un débat public et institutionnel. Selon lui, les grandes orientations de ces engagements se retrouveront dans la loi de finances rectificative (LFR) ou dans le projet de loi de finances 2027, attendu en octobre 2026.

Cet accord illustre la volonté du Sénégal de sécuriser un financement conséquent pour soutenir son économie dans un contexte mondial marqué par des incertitudes. Toutefois, l’absence de communication détaillée sur les engagements relatifs à la dette et aux réformes structurelles soulève des inquiétudes légitimes.

La demande de transparence formulée par le président de l’Assemblée nationale traduit une exigence démocratique : informer correctement les citoyens et ouvrir un débat sur les choix économiques qui façonneront l’avenir du pays. La réussite de ce programme dépendra donc autant de la rigueur dans sa mise en œuvre que de la capacité des autorités à instaurer un climat de confiance autour de ses objectifs.

Souleymane Coulibaly

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