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Inclusion financière des entreprises agro‑industrielles: un atelier stratégique pour rapprocher banques, digital et infrastructures rurales

Au terme d’un atelier de deux jours organisé par le Comité de Concertation État‑Secteur Privé (CCESP), les acteurs publics et privés réunis le 3 septembre 2026 à Abidjan‑Plateau ont formulé des recommandations pour renforcer l’inclusion financière des entreprises de l’agro‑industrie, en particulier celles opérant dans les zones rurales et enclavées.

Les échanges ont mis en évidence les obstacles majeurs : faible connectivité, insuffisance des infrastructures routières et technologiques, difficultés de transport et manque de traçabilité des transactions. Ces contraintes freinent l’accès au financement et limitent la formalisation des activités économiques dans des régions pourtant stratégiques pour la production agricole.

Parmi les propositions phares figurent : Développement de services financiers de proximité dans les zones rurales, afin de rapprocher banques et producteurs. Accélération du déploiement des paiements digitaux (banques, mobile money, fintechs) adaptés aux réalités des producteurs.

Renforcement de l’interopérabilité entre banques, opérateurs télécoms et plateformes de paiement pour fluidifier les transactions. Identification des zones prioritaires insuffisamment couvertes par Internet et intégration du potentiel économique dans la planification des infrastructures.

Sécurité et traçabilité des activités économiques, avec un accent sur la formalisation des relations entre producteurs, coopératives et entreprises.

Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, le conseiller technique Dely Soumahoro a salué la pertinence des travaux, soulignant que leurs conclusions apporteront des réponses concrètes à la problématique de l’inclusion financière dans les zones reculées. Selon lui, ces solutions permettront d’assurer la sécurité économique et de favoriser un épanouissement durable des populations rurales.

Il a rappelé les performances agricoles de la Côte d’Ivoire : premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou brutes, premier producteur africain d’hévéa, deuxième producteur africain d’huile de palme et cinquième producteur continental de coton. En 2026, la production agricole ivoirienne a dépassé 11,25 millions de tonnes pour les cultures de rente et 25,8 millions de tonnes pour les vivriers.

L’atelier a particulièrement ciblé le Bas‑Cavally, région où les difficultés de connectivité, de transport et de sécurité compliquent la formalisation des transactions et l’accès au financement. Les recommandations visent à y instaurer des mécanismes de traçabilité financière et à renforcer les infrastructures pour soutenir la dynamique agro‑industrielle.

En réunissant acteurs publics, banques, opérateurs télécoms et fintechs, cet atelier a posé les bases d’une stratégie nationale d’inclusion financière adaptée aux réalités rurales. Le défi est désormais de traduire ces recommandations en actions tangibles : infrastructures connectées, services financiers accessibles et mécanismes de traçabilité robustes.

Au‑delà de l’agro‑industrie, il s’agit de consolider la sécurité économique des zones rurales et de donner aux producteurs les moyens de participer pleinement à la croissance nationale.

Alassane Guindo

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