Le Premier ministre Centrafricain Félix Moloua a clos, ce vendredi 4 septembre 2026, à la Cité des Chefs d’État de la CEMAC, la deuxième et dernière journée du séminaire gouvernemental consacré aux finances publiques et à l’action publique. Réunissant les principaux acteurs de la chaîne budgétaire ainsi que les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international (FMI) via AFRITAC-Centre, l’événement a permis de dégager des recommandations opérationnelles destinées à accélérer la modernisation de la gouvernance financière de l’État.
Le séminaire a tracé des lignes directrices claires pour affermir le rôle stratégique des ministères. Il préconise l’instauration d’une revue gouvernementale périodique des réformes, ainsi que la formalisation de la chaîne des responsabilités et des délégations au sein de chaque administration. L’objectif est de clarifier les rôles des ordonnateurs, renforcer la reddition des comptes et assurer un pilotage politique continu des transformations budgétaires.
Sur le plan macroéconomique, les participants ont insisté sur la nécessité d’une revue annuelle d’alignement entre le Plan national de développement (PND) et le budget, avant les arbitrages. Le Cadre de Coordination Macro Budgétaire (CCMB) doit devenir pleinement opérationnel, tandis que le Tableau d’Opération Financière et Économique (TOFE) devra être publié semestriellement. De même, les rapports CBMT/CDMT devront être complétés et soumis au Conseil des ministres afin d’accroître la lisibilité et la prévisibilité de la programmation pluriannuelle.
En matière d’exécution et de gestion de la trésorerie, des mesures techniques strictes ont été proposées. La maquette des programmes doit être stabilisée et approuvée en Conseil des ministres comme préalable au basculement vers le budget-programme. Un tableau de bord mensuel, récapitulant engagements, liquidations, ordonnancements, paiements, restes à payer et arriérés, sera institué, assorti d’un mécanisme d’alerte pour anticiper les tensions de trésorerie. Le recours aux procédures dérogatoires d’exécution des dépenses sera limité afin de préserver la discipline budgétaire. Parallèlement, l’adaptation du système SIMBA, intégrant la classification fonctionnelle, sera finalisée pour soutenir la transition vers une gestion axée sur les résultats.
La reddition des comptes et la performance ont constitué le fil rouge des échanges. Les participants ont souligné l’importance d’une articulation rigoureuse entre programmation, budgétisation, exécution et résultats. La priorisation des projets prêts à être mis en œuvre, la maîtrise de la masse salariale et le pilotage régulier des écarts doivent permettre de restaurer la crédibilité financière et la confiance des citoyens. Chaque engagement devra se traduire par une action budgétaire concrète et un paiement effectif.
Pour transformer ces orientations en effets tangibles, il est proposé d’adopter une feuille de route gouvernementale de consolidation des réformes, précisant échéances, responsabilités et résultats attendus. Celle-ci devra inclure un calendrier de formation pour les ordonnateurs, des projets pilotes de mise en œuvre du budget-programme et des mécanismes de suivi public avec indicateurs et rapports trimestriels renforcés.
En clôture, le Premier ministre Félix Moloua a réaffirmé la volonté politique de traduire ces recommandations en actions concrètes, appelant chaque ministre à s’impliquer pleinement en tant qu’ordonnateur. Il a insisté sur la nécessité d’un pilotage collectif, d’un suivi rigoureux et d’un partenariat effectif avec les appuis techniques internationaux, afin d’assurer l’appropriation nationale des outils et méthodes proposés.
Ce séminaire marque une étape déterminante dans la modernisation des finances publiques : il propose désormais un cadre opérationnel exigeant revues régulières, feuille de route consolidée, tableau de bord mensuel et intégration du système SIMBA dont la mise en œuvre rapide conditionnera la crédibilité et l’efficacité de l’action publique. Le véritable défi sera de transformer ces engagements en dispositifs visibles pour les citoyens, avec des indicateurs clairs et une communication transparente sur les progrès réalisés.
Khadidiatou Maïga
