Après un mois de congé gouvernemental, le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 02 septembre 2026 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Cette réunion a marqué une reprise stratégique de l’action publique, articulée autour de deux axes majeurs : la mise en œuvre des diligences post-accord technique avec le FMI et la définition de la feuille de route gouvernementale pour la période septembre-décembre 2026.
Le Premier Ministre a rappelé que l’accord technique conclu avec le FMI, ainsi que l’annonce publique du Plan de Traitement de la Dette du Sénégal le 1er septembre 2026, trois mois après la formation du nouveau gouvernement, constituent un jalon historique du mandat présidentiel. Il a salué l’appui déterminant du Chef de l’État et félicité le Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, ainsi que les équipes de la Primature, pour leur professionnalisme dans la conduite de ce dossier sensible.
Parmi les mesures urgentes : accélérer la mise en place du dispositif de ciblage des subventions, assurer le paiement des bourses nationales de sécurité familiale au plus tard fin septembre, déposer rapidement à l’Assemblée nationale la Loi de Finances rectificative 2026, intégrant les nouvelles orientations issues de l’accord avec le FMI, soumettre les résultats de l’audit des arriérés intérieurs pour démarrer leur règlement avant fin 2026, en priorisant les créances des TPE, PME et PMI.
Le Premier Ministre a également insisté sur la finalisation du projet de Loi de Finances Initiale 2027, qui devra être examiné en Conseil des Ministres au plus tard le 30 septembre.
Face à l’urgence de relancer le secteur de la construction, il a instruit les ministres concernés (Urbanisme, Finances, Intérieur) de prendre les dispositions réglementaires nécessaires pour appliquer les recommandations du Comité de Suivi des audits fonciers. Ces mesures visent à restructurer certains lotissements dans les zones de Dakar et de Thiès, afin de restaurer la confiance et dynamiser l’investissement immobilier.
Le second volet de la communication du Premier Ministre a porté sur la feuille de route gouvernementale. Il a demandé à chaque ministre de : élaborer une feuille de route sectorielle claire et précise, identifier les projets et réformes à finaliser d’ici fin 2026, préparer les actions stratégiques pour les années 2027, 2028 et 2029. Il a insisté sur la sélectivité et la structuration des projets, critères essentiels pour l’arbitrage budgétaire de la LFI 2027. Cette exigence traduit une volonté de rationaliser les dépenses publiques et de privilégier les initiatives à fort impact socio-économique.
Ce Conseil des Ministres illustre une gouvernance axée sur la rigueur budgétaire et la relance économique ciblée. L’accord avec le FMI et le plan de traitement de la dette marquent une étape cruciale pour restaurer la crédibilité financière du Sénégal. La priorité donnée aux TPE, PME et PMI dans le règlement des arriérés traduit une orientation vers le soutien du tissu économique local, indispensable à la croissance inclusive.
La mise en place d’un dispositif de ciblage des subventions et le rappel des bourses sociales montrent une volonté de concilier discipline budgétaire et justice sociale, en protégeant les ménages vulnérables.
Par ailleurs, l’accent mis sur la relance du secteur de la construction et la restructuration foncière reflète une approche pragmatique : dynamiser un secteur porteur d’emplois tout en assainissant les pratiques. La feuille de route gouvernementale pour septembre-décembre 2026, avec une projection jusqu’en 2029, témoigne d’une vision stratégique de long terme. La sélectivité des projets et la structuration des réformes traduisent une volonté d’optimiser les ressources et de renforcer la cohérence des politiques publiques.
Ce Conseil des Ministres marque une reprise énergique et méthodique de l’action gouvernementale, où se conjuguent discipline financière, relance économique et protection sociale, dans une perspective de souveraineté et de prospérité durable.
Souleymane Coulibaly
