Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le Canada ont décidé de donner une nouvelle dimension à leur partenariat de longue date. Cette évolution vise à rapprocher les instruments de financement du développement des outils commerciaux, afin de mobiliser davantage d’investissements en faveur de l’Afrique.
Depuis plusieurs décennies, le Canada s’impose comme un partenaire engagé de la BAD. Son soutien s’est matérialisé à travers le Fonds africain de développement, les mécanismes de financement liés au climat, les initiatives pour l’égalité des sexes, l’assistance technique au commerce et diverses priorités de développement.
Créé en 2021, le CACF illustre parfaitement cette volonté de conjuguer ressources concessionnelles et innovation financière. Doté d’une contribution initiale de 132,9 millions de dollars canadiens, ce fonds accorde des prêts concessionnels à long terme pour des projets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.
Au-delà du financement, le CACF intègre un mécanisme d’assistance technique qui soutient : la préparation des projets, les obligations de reporting, l’intégration de la dimension genre, et les considérations relatives aux droits humains.
La décision de rapprocher financement du développement et instruments commerciaux traduit une volonté de passer d’une logique d’aide à une logique d’investissement, plus durable et plus attractive pour les acteurs privés.
Le CACF démontre comment les ressources concessionnelles peuvent être utilisées comme leviers catalytiques, en réduisant les risques pour les investisseurs et en favorisant la mise en œuvre de projets sensibles au genre et respectueux des droits humains.
En mobilisant davantage de capitaux, ce partenariat contribue à renforcer la résilience du continent face aux défis climatiques, tout en stimulant la croissance inclusive. Il s’agit d’un pas décisif vers une transition énergétique et écologique adaptée aux réalités africaines.
La constance de l’engagement canadien témoigne d’une relation de confiance avec la BAD. Le Canada se positionne non seulement comme bailleur de fonds, mais aussi comme acteur stratégique dans la conception de mécanismes financiers innovants.
Ce rapprochement entre développement et commerce ouvre la voie à une architecture financière hybride, où les financements publics et privés se complètent pour répondre aux besoins massifs d’infrastructures, d’énergie et de résilience climatique en Afrique.
Moussa Traoré
