Après six mois d’exercice et dans le contexte du récent mouvement du personnel, le Directeur Général des Douanes a choisi de s’adresser directement à l’ensemble de la chaîne douanière. Ce renouvellement des équipes, présenté comme un apport de « sang neuf », doit être transformé en une nouvelle dynamique de travail. Loin d’une simple redistribution des responsabilités, il s’agit d’un appel à unir les énergies autour d’objectifs précis.
Le cap est celui fixé par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances : Mobiliser davantage de recettes, renforcer la lutte contre la fraude et les trafics illicites, poursuivre les réformes structurantes. Trois priorités que le Directeur Général entend inscrire dans le quotidien de chaque service et de chaque agent.
Les chiffres du premier semestre témoignent d’une performance notable : 533,7433 milliards de FCFA mobilisés entre janvier et juin, contre 482,823 milliards prévus, soit un excédent de 50,918 milliards et un taux de couverture de 110,55 %. En juillet, la dynamique s’est poursuivie avec 98,547 milliards mobilisés, portant le cumul à 632,314 milliards, soit 64,85 % de l’objectif annuel fixé à 975 milliards.
Le Directeur Général refuse toutefois d’y voir un motif de relâchement. Les difficultés sécuritaires et logistiques qui affectent les corridors, notamment l’axe Kidira-Diboli-Kayes, imposent au contraire plus de vigilance, de réactivité et d’imagination dans la gestion des flux.
La lutte contre la fraude constitue le deuxième pilier. L’Inspecteur Général Diallo rappelle qu’elle ne vise pas seulement à préserver les recettes de l’État, mais aussi à protéger le commerce légal, les opérateurs économiques de bonne foi et les consommateurs.
Les saisies réalisées au premier semestre stupéfiants, armes, munitions, explosifs, médicaments illicites, produits impropres à la consommation ou encore mercure illustrent la dimension sécuritaire de cette mission. D’où l’appel à renforcer le renseignement, le ciblage et la coopération entre services, tout en veillant à ce que les contrôles restent efficaces sans entraver le commerce légitime.
Le troisième axe concerne la modernisation. Avec un portefeuille de 38 réformes, l’administration poursuit la modernisation du contrôle documentaire, le développement du SYGECOD et l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers avec plusieurs pays de la sous-région.
Le Directeur Général insiste : une réforme ne vaut que par son appropriation sur le terrain. Il invite les responsables à la traduire en actions concrètes, à mesurer ses effets et à faire remonter les difficultés rencontrées.
« Les Douanes maliennes, c’est vous ». Cette formule résume l’esprit de son adresse : du cadre supérieur à l’agent de surveillance, chacun est un maillon indispensable de la chaîne. Le Directeur Général reconnaît les sacrifices imposés par le contexte sécuritaire et logistique et assure que la Direction générale reste attentive aux conditions de travail et aux moyens nécessaires à l’accomplissement de la mission.
Cette rencontre apparaît moins comme un exercice d’autosatisfaction que comme un appel à l’action. Les résultats sont là, mais les défis aussi. Le renouvellement du personnel offre l’occasion de repartir avec une énergie nouvelle.
Mobiliser les recettes, combattre la fraude, poursuivre les réformes : trois orientations, mais une seule exigence : faire de la performance douanière une œuvre collective, capable de répondre aux enjeux économiques, sécuritaires et institutionnels du Mali.
Fatoumata Traoré
