Le Premier Ministre tchadien, Allah Maye Halina, a présidé ce vendredi 21 août 2026 une réunion de travail consacrée à la sécurité alimentaire et à la sécurité sanitaire des aliments, des boissons et de l’eau. Cette rencontre, tenue en présence de plusieurs membres du Gouvernement et de cadres techniques des ministères sectoriels, a mis en lumière les défis multiples auxquels le pays est confronté.
Le Chef du Gouvernement a exprimé sa vive inquiétude face à la consommation croissante de drogues et de substances psychotropes, particulièrement chez les jeunes. À cette problématique s’ajoute la prolifération de boissons alcoolisées frelatées, de produits conditionnés non conformes et de pratiques insalubres dans la manipulation des aliments.
Allah Maye Halina a dénoncé une situation qui « met en péril la santé publique et compromet l’avenir de la jeunesse ». Il a instruit les services compétents de renforcer les contrôles et d’engager une répression ferme, insistant sur l’application effective des textes d’interdiction et des sanctions pour que les contrevenants ne restent pas impunis.
La réunion a également abordé la résurgence du choléra, aggravée par la saison des pluies. Le Gouvernement entend intensifier les actions de prévention, de surveillance et de contrôle, notamment sur la qualité de l’eau et les conditions d’hygiène. L’objectif est de contenir la propagation de la maladie et d’éviter une crise sanitaire majeure. Cette orientation traduit une volonté de replacer la santé publique au cœur des priorités, en anticipant les risques liés aux épidémies récurrentes.
Sur le plan agricole, plusieurs provinces connaissent un déficit pluviométrique préoccupant, susceptible d’affecter les récoltes et d’accroître les risques d’insécurité alimentaire. Les stocks de l’ONASA demeurent inférieurs à l’objectif national de 100 000 tonnes, ce qui fragilise la capacité de réponse en cas de pénurie.
Pour pallier cette situation, le Gouvernement privilégie les achats locaux de céréales et la mobilisation des partenaires internationaux, tout en accélérant les travaux du projet N’Djaména Fara, jugé stratégique pour renforcer la production nationale.
Afin de donner une réponse cohérente et durable à ces enjeux, le Premier Ministre a annoncé la mise en place d’un mécanisme interministériel permanent, réunissant les ministères sectoriels concernés. Cette structure vise à coordonner les actions, anticiper les crises et assurer une meilleure protection des populations.
Qu’il s’agisse de la lutte contre les produits dangereux, de la prévention des maladies ou de la sécurité alimentaire, l’approche gouvernementale se veut globale et proactive.
Cette réunion illustre une prise de conscience politique forte face à la convergence de menaces sanitaires et alimentaires. Le durcissement du ton du Premier Ministre traduit une volonté de rompre avec l’impunité et de restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique.
Toutefois, la réussite de ces mesures dépendra de la capacité des institutions à appliquer rigoureusement les textes, à mobiliser les ressources nécessaires et à instaurer une coordination efficace entre les différents ministères.
Dans un contexte marqué par la fragilité des systèmes de santé et les aléas climatiques, le Tchad se trouve à un tournant stratégique : investir dans la prévention et la régulation pour éviter que les crises sanitaires et alimentaires ne se transforment en crises sociales et politiques.
Alassane Guindo
