Le marché secondaire des titres publics de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UMOA) a connu une forte décélération au cours de la semaine du 10 au 14 août 2026. Selon les données publiées par UMOA-Titres, le volume échangé s’est établi à 72,05 milliards FCFA, soit une chute de 49 % par rapport à la semaine précédente.
La contraction du marché s’est traduite par un recul généralisé des principaux indicateurs. Le nombre de transactions a chuté à 45 opérations, soit une baisse de 22 % par rapport à la période précédente. Dans le même mouvement, la participation des acteurs s’est légèrement réduite, avec 28 intervenants actifs, en diminution de 3 %. La diversité des instruments échangés s’est amoindrie : seuls 18 titres ont été négociés, ce qui représente un retrait de 10 %.
L’activité s’est concentrée en milieu de semaine, avec un pic enregistré mercredi à 22,09 milliards FCFA, confirmant la journée la plus dynamique. Le mardi a également été marqué par un volume conséquent de 17,13 milliards, suivi du lundi avec 15,44 milliards. En revanche, la tendance s’est infléchie en fin de semaine : les échanges sont retombés à 13,25 milliards jeudi, avant de chuter brutalement à 4,14 milliards vendredi, traduisant un essoufflement marqué du marché.
Cette évolution illustre une volatilité intrahebdomadaire, avec une dynamique soutenue en début de semaine avant un net ralentissement.
Les obligations assimilables du Trésor (OAT) ont constitué l’essentiel des échanges sur le marché secondaire, confirmant leur rôle central dans la dynamique hebdomadaire. À l’inverse, un seul bon assimilable du Trésor (BAT) est apparu dans les transactions. Émis par le Mali, ce titre, dont l’échéance est fixée à janvier 2027, a généré un volume de 2,94 milliards FCFA. Son rendement moyen, évalué à 5,03 %, traduit une attractivité modérée, nettement inférieure à celle des OAT, mais témoigne néanmoins d’un intérêt ponctuel des investisseurs pour des placements de court terme.
Plusieurs obligations assimilables du Trésor (OAT) ont enregistré des rendements supérieurs à 7 %, confirmant l’appétit des investisseurs pour des primes de risque plus élevées. Parmi les titres les plus remarqués, l’OAT sénégalaise à échéance mai 2029 s’est distinguée avec un rendement moyen de 7,69 %, tandis qu’une OAT malienne arrivant à échéance en août 2029 a affiché 7,35 %. Le Burkina Faso a également vu plusieurs de ses obligations franchir ce seuil, renforçant la tendance régionale.
Ces niveaux traduisent à la fois une perception accrue du risque souverain dans la zone UMOA et une attractivité renforcée pour les investisseurs en quête de placements rémunérateurs. Autrement dit, si la hausse des rendements reflète une exigence de sécurité plus forte de la part des marchés, elle constitue aussi une opportunité pour ceux qui privilégient le rendement au prix d’une exposition plus marquée au risque.
Malgré le repli observé au cours de la semaine du 10 au 14 août, la trajectoire globale du marché secondaire des titres publics de l’UMOA demeure résolument positive. Depuis le début de l’année 2026, ce segment a enregistré 2 323 transactions, pour un volume cumulé de 5 146,25 milliards FCFA. Ces chiffres traduisent une progression spectaculaire : +50 % en nombre d’opérations et +58 % en volume par rapport à la même période en 2025. Cette dynamique confirme que le marché secondaire s’impose progressivement comme un instrument central de liquidité et de gestion de portefeuille pour les investisseurs régionaux. Le ralentissement constaté en août apparaît davantage comme une pause technique, liée à des ajustements conjoncturels, qu’un véritable renversement de tendance.
En d’autres termes, si la semaine étudiée reflète une contraction ponctuelle des échanges, l’évolution annuelle met en lumière une maturité croissante du marché, renforçant son rôle dans le financement souverain et la diversification des placements.
Souleymane Coulibaly
