Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a reçu en audience, ce mardi 18 août 2026, Sahle-Work Zewde, ancienne Présidente de la République fédérale démocratique d’Éthiopie et Envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations Unies. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la revue stratégique du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), un exercice majeur destiné à réévaluer l’efficacité et la pertinence du mandat de cette institution dans un contexte régional en pleine recomposition.
Mme Sahle-Work Zewde a exposé les axes principaux de sa mission : Évaluer la mise en œuvre du mandat de l’UNOWAS, notamment en matière de prévention des conflits, de diplomatie préventive et de bons offices. Recueillir les appréciations des autorités nationales, afin d’adapter l’action de l’ONU aux réalités spécifiques du Sahel. Renforcer le partenariat avec les États de la sous-région, en tenant compte des nouvelles dynamiques politiques et sécuritaires. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de réajuster les instruments multilatéraux face aux défis contemporains : montée du terrorisme, recomposition des alliances régionales et affirmation de nouvelles structures comme la Confédération des États du Sahel (AES).
L’Envoyée du Secrétaire général mène actuellement une série de consultations auprès des acteurs régionaux : pays membres de l’AES, Sénégal, ainsi que d’autres États concernés par l’action de l’UNOWAS. Les conclusions de ces échanges seront consignées dans un rapport destiné au Conseil de sécurité des Nations Unies, document stratégique qui pourrait influencer l’orientation future de la présence onusienne dans la région.
Au-delà de sa mission actuelle, Mme Zewde a rappelé ses liens historiques avec le Mali, où elle avait exercé en qualité d’Ambassadeur d’Éthiopie. Elle a salué les évolutions enregistrées par le pays et souligné l’importance du dialogue avec les autorités de la Transition pour une revue crédible et inclusive.
Le Chef de l’État a réaffirmé la disponibilité du Mali à contribuer de manière constructive à ce processus. Il a insisté sur : La nécessité d’une écoute attentive des réalités locales, le respect des priorités souveraines des États, la recherche de solutions africaines aux défis africains, en cohérence avec la vision de l’intégration régionale portée par l’AES. Cette posture traduit une volonté de redéfinir les relations avec les partenaires internationaux sur la base d’un dialogue équilibré et respectueux des choix nationaux.
Cette audience illustre plusieurs dynamiques majeures : Recomposition géopolitique du Sahel, l’émergence de l’AES bouleverse les équilibres traditionnels et impose aux institutions internationales une adaptation rapide. Le Mali, en tant que membre fondateur, cherche à inscrire cette nouvelle configuration dans les mécanismes multilatéraux.
L’UNOWAS, initialement conçu pour la diplomatie préventive, doit désormais intégrer des enjeux plus complexes : lutte contre le terrorisme, gestion des ingérences extérieures, consolidation de la souveraineté des États. La revue stratégique apparaît comme une opportunité pour l’ONU de réaligner son mandat sur les réalités du terrain.
Le discours du Président Goïta s’inscrit dans une logique de réappropriation des choix stratégiques.
Le Mali entend participer activement à la définition des priorités régionales, tout en affirmant son autonomie vis-à-vis des prescriptions extérieures.
La présence de Sahle-Work Zewde, ancienne Cheffe d’État africaine, confère à cette mission une légitimité particulière. Elle incarne une diplomatie africaine au service d’une médiation internationale, renforçant le caractère inclusif du processus.
En définitive, cette rencontre marque une étape significative dans la redéfinition des relations entre le Mali et l’ONU. Elle illustre la volonté des autorités de la Transition de participer à une coopération internationale contextualisée, respectueuse des souverainetés et adaptée aux réalités du Sahel.
Souleymane Coulibaly
