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Fonds stratégique pour transformer la richesse minière en infrastructures: 109,1 milliards de FCFA déjà collectés entre 2025 et mi‑2026

Le Ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséïni Sanou, a présidé, le vendredi 31 juillet 2026, la première réunion du Comité de Pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport dans le secteur des mines

Cette réunion a permis de dresser un état des lieux des fonds mobilisés dans le cadre de ce dispositif novateur. Le mécanisme vise à financer directement les infrastructures indispensables à l’exploitation minière : routes, barrages, réseaux électriques. L’objectif est clair : transformer la richesse du sous-sol en leviers de compétitivité économique et en outils de développement durable.

Le ministre Sanou a rappelé que ce fonds s’inscrit dans les dispositions de la loi n°2023-040 du 29 août 2023, qui prévoit une contribution obligatoire des titulaires de permis d’exploitation minière et des bénéficiaires d’autorisations industrielles. Les prélèvements s’élèvent à 1 % du chiffre d’affaires trimestriel et 10 % de la taxe ad valorem durant les cinq premières années, avant de passer à 2,5 % du chiffre d’affaires par la suite. Cette architecture traduit la volonté du Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, d’adosser le financement des infrastructures à la performance du secteur minier, créant ainsi un lien direct entre extraction et investissement public.

Entre janvier 2025 et juin 2026, le fonds a mobilisé 109,1 milliards de FCFA, dont 57,7 milliards en 2025 et 51,3 milliards au premier semestre 2026. Ces montants témoignent de la pertinence des réformes engagées et de la capacité du fonds à générer des ressources conséquentes pour les investissements prioritaires de l’État.

Les départements sectoriels ont présenté leurs projets éligibles. La ministre des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko, a évoqué le développement du chemin de fer, de nouvelles routes, l’acquisition de bateaux et le renforcement de la compagnie Mali Airlines SA. Elle a souligné que ces financements permettront d’améliorer la mobilité, de développer un système multimodal de transport et de diversifier les voies d’approvisionnement du pays.

Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Pr Tiémoko Traoré, a quant à lui insisté sur l’importance du fonds pour la souveraineté énergétique et l’amélioration des infrastructures hydrauliques. Selon lui, ces investissements contribueront à l’agriculture, à la santé, à l’environnement et au tissu industriel, tout en améliorant le bien-être des ménages.

Au-delà des chiffres, ce fonds apparaît comme un instrument de financement alternatif, réduisant la dépendance aux ressources budgétaires et à l’aide extérieure. En ciblant l’énergie, l’eau et le transport  trois secteurs stratégiques il s’attaque directement aux principaux goulots d’étranglement de l’économie malienne.

Il s’agit là d’une avancée majeure : transformer les revenus miniers en infrastructures durables, renforcer la compétitivité nationale et inscrire le Mali dans une trajectoire de développement autonome.

Souleymane Coulibaly

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