La Direction générale des Impôts (DGI) de Côte d’Ivoire a annoncé avoir mobilisé 2 992,9 milliards de FCFA au cours du premier semestre 2026, dépassant légèrement son objectif fixé à 2 985 milliards de FCFA. Ce résultat correspond à un taux de réalisation de 100,3 %, a précisé le directeur général, Ouattara Abou Sié, lors d’un séminaire-bilan tenu vendredi 31 juillet 2026.
Le premier trimestre s’était soldé par un déficit de 108 milliards de FCFA par rapport aux prévisions. Toutefois, le deuxième trimestre a permis de combler ce retard grâce à des recouvrements atteignant 1 778,7 milliards de FCFA, contre un objectif de 1 711,2 milliards. L’écart positif de 67,5 milliards traduit un taux de réalisation de 103,9 %, confirmant la capacité de l’administration fiscale à redresser sa trajectoire.
Pour le troisième trimestre, la DGI s’est fixé un objectif de 1 504,4 milliards de FCFA. Le Directeur de Cabinet adjoint du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, Vassogbo Bamba, a salué les résultats obtenus, tout en soulignant la nécessité de corriger les contreperformances observées sur certains impôts majeurs : Impôt sur les bénéfices commerciaux et industriels, impôt sur les salaires, taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Le séminaire a également mis en lumière les limites des régimes de l’Entreprenant et des Microentreprises, conçus pour intégrer le secteur informel dans le système fiscal via une fiscalité allégée. Les recettes générées demeurent en deçà des attentes, incitant la DGI à réfléchir à des ajustements pour améliorer leur rendement.
La DGI poursuit sa stratégie de digitalisation avec plusieurs initiatives : Gestion électronique de l’impôt foncier et de la TVA, contrôle fiscal automatisé, remboursements de TVA digitalisés, généralisation de la facture normalisée électronique, entrée en vigueur le 1er janvier 2026.
Par ailleurs, l’utilisation de drones pour cartographier le Grand Abidjan et actualiser les bases d’imposition foncière constitue une innovation majeure. Cette technologie sera bientôt étendue à Bouaké et San Pedro.
Le renforcement des recettes intérieures s’inscrit dans les priorités du Plan national de développement (PND) 2026-2030, dont le coût global est estimé à 114 838,7 milliards de FCFA. L’efficacité de la DGI dans la mobilisation des ressources fiscales apparaît ainsi comme un pilier essentiel pour financer les ambitions économiques et sociales du pays.
La DGI affiche une performance encourageante, mais les autorités insistent sur la nécessité de maintenir la rigueur et d’intensifier les réformes. La combinaison de la digitalisation, du contrôle renforcé et de l’intégration progressive du secteur informel devrait constituer les leviers majeurs pour atteindre les objectifs annuels et soutenir la trajectoire de développement de la Côte d’Ivoire.
Khadidiatou Maïga
