A LA UNEAfrique subsaharienne: le FMI alerte sur le retard d’adoption de l’intelligence artificielle

Afrique subsaharienne: le FMI alerte sur le retard d’adoption de l’intelligence artificielle

Le Fonds monétaire international (FMI) a publié, mercredi, une analyse soulignant le retard de l’Afrique subsaharienne dans l’adoption de l’intelligence artificielle (IA). Selon l’institution, ce décalage pourrait accentuer les écarts de productivité avec les économies avancées si les investissements nécessaires ne sont pas réalisés.

Dans les conditions actuelles, l’IA ne contribuerait qu’à 0,2 % du PIB régional au cours de la prochaine décennie. Mais si les pays africains renforcent leurs infrastructures numériques, améliorent l’accès à l’électricité et à Internet et développent les compétences de leur population, les gains pourraient atteindre près de 4 % du PIB sur dix ans, soit environ 0,5 point de croissance supplémentaire par an.

A en croire le FMI, le risque n’est pas tant une destruction massive d’emplois qu’un décrochage technologique. Alors que les économies développées accélèrent l’intégration de l’IA, une adoption plus lente en Afrique pourrait creuser davantage l’écart de productivité.

Contrairement aux pays développés, où les débats portent sur le remplacement des emplois qualifiés, l’Afrique pourrait utiliser l’IA pour améliorer la productivité des secteurs qui emploient la majorité de sa population :

Agriculture : Au Kenya, des plateformes d’intelligence artificielle accompagnent les agriculteurs en leur fournissant des données météorologiques en temps réel ainsi que des conseils pratiques sur les semis, l’usage des engrais et la lutte contre les ravageurs.

Éducation : Au Nigéria, des programmes pilotes intégrant des agents conversationnels ont contribué à améliorer les résultats scolaires des élèves en mathématiques, en rendant l’apprentissage plus interactif et accessible.

Fiscalité : En Afrique du Sud, les autorités fiscales utilisent l’analyse de données issue de l’IA pour cibler plus efficacement les contrôles et optimiser le recouvrement des recettes publiques.

Le FMI souligne également le potentiel de l’IA dans les systèmes de santé, où elle pourrait assister les professionnels dans le diagnostic et le suivi des patients.

L’enjeu est d’autant plus crucial que l’Afrique subsaharienne devra absorber une forte croissance de sa population active. D’ici 2030, près de la moitié des nouveaux entrants sur le marché mondial du travail viendront de la région.

Pour éviter un décrochage durable, le FMI appelle les gouvernements à investir en priorité dans : un approvisionnement électrique fiable, un accès abordable au haut débit, des infrastructures de données, la formation aux compétences numériques.

Il recommande aussi de mettre en place des règles claires sur la protection des données, la cybersécurité et l’utilisation de l’IA, tout en renforçant la coopération régionale.

Souleymane Coulibaly

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