ECONOMIESActualitésFinances, commerce et industrialisation: l’Afrique en quête d’un nouveau modèle économique

Finances, commerce et industrialisation: l’Afrique en quête d’un nouveau modèle économique

Durant quatre jours, Abidjan est le théâtre d’une rencontre continentale d’envergure : la Session conjointe du 9e Comité technique spécialisé (CTS) sur les Finances, les Affaires monétaires, la Planification économique et l’Intégration, et du 5e CTS sur le Commerce, le Tourisme, l’Industrie et les Ressources minérales de l’Union africaine (UA).

Adama Coulibaly, ministre ivoirien de l’économie a exhorté les pays africains à faire du financement de l’industrialisation un levier central de la transformation économique durable. Il a insisté sur la mobilisation des ressources intérieures, la dynamisation des marchés financiers, les partenariats public-privé et la promotion de l’épargne de long terme. Il a rappelé que l’Afrique devra combler chaque année, d’ici 2030, un déficit de financement estimé à 400 milliards de dollars pour accélérer sa transformation structurelle.

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a souligné que les mutations géopolitiques, la transition énergétique, la révolution numérique et l’essor de l’intelligence artificielle imposent au continent de s’engager résolument sur la voie de l’industrialisation.

Claver Gatete (CEA) a plaidé pour une meilleure coordination des politiques publiques et des investissements productifs. Marie-Laure Akin-Olugbade (BAD) a réaffirmé que l’industrialisation est le moteur essentiel de la création d’emplois et de la résilience économique.

Marie-Antoinette Rose Quatre (MAEP/APRM) a annoncé le lancement de l’Agence africaine de notation de crédit (AFRA) le 6 octobre 2026 à Maurice, destinée à améliorer l’appréciation du risque africain.

Mamadou Arzika Rabiatou, présidente continentale de l’Association des Femmes Africaines de la Transformation, a plaidé pour une implication accrue des femmes dans la transformation industrielle, proposant la création d’un centre africain de recherche dédié aux femmes, l’amélioration de leur accès au financement et l’accélération de la transformation numérique des entreprises féminines.

Cette double session ministérielle apparaît comme un moment charnière pour l’Afrique, appelée à repenser ses mécanismes de financement, renforcer sa gouvernance économique et engager une industrialisation inclusive. Les résolutions attendues devraient tracer les contours d’une Afrique plus résiliente, souveraine et compétitive sur la scène mondiale.

Khadidiatou Maïga

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