Le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, effectuera ce mardi 28 juillet 2026 une visite de travail et de solidarité de 24 heures à Bamako. Ce déplacement, le premier depuis son accession à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) le dimanche 19 2026, s’inscrit dans un contexte régional marqué par de profondes recompositions politiques et sécuritaires au Sahel.
Cette mission prolonge les échanges déjà amorcés entre Dakar et Bamako. Dès décembre 2024, quelques mois après son élection, Bassirou Diomaye Faye avait choisi la capitale malienne comme l’une des premières étapes de sa tournée sous-régionale. Cette initiative avait permis de rétablir un dialogue direct autour des enjeux cruciaux de sécurité, de stabilité et de coopération entre États ouest-africains.
Deux ans plus tard, la donne a changé. À la tête de la CEDEAO, le Président sénégalais se trouve au cœur des réflexions stratégiques sur l’avenir des relations avec la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Si les divergences institutionnelles ayant conduit au retrait de ces trois pays demeurent, les discussions diplomatiques tendent désormais vers une approche pragmatique, privilégiant le dialogue sur les intérêts communs.
La situation sécuritaire au Sahel, la lutte contre le terrorisme, les défis humanitaires, les perspectives économiques et la préservation des liens historiques entre les peuples ouest-africains constituent les axes majeurs de cette rencontre. La visite de Bassirou Diomaye Faye revêt ainsi une portée politique singulière, envoyant un signal d’ouverture et de concertation à l’ensemble de la sous-région.
Pour Bamako, cette rencontre s’inscrit dans une séquence de réformes institutionnelles et de consolidation de sa stratégie de souveraineté. Les autorités maliennes réaffirment leur volonté de maintenir un dialogue avec l’ensemble des partenaires africains, dans le respect des choix souverains du pays et dans une logique de coopération régionale élargie.
Pour certains diplomates de la sous-région, ce déplacement témoigne de la détermination des deux chefs d’État à préserver les canaux de concertation face aux défis partagés. Alors que le Sahel demeure au centre des préoccupations sécuritaires du continent, Bamako et Dakar entendent poursuivre des échanges directs, dans l’intérêt de la stabilité régionale et du renforcement des solidarités africaines.
Souleymane Coulibaly
