Le mardi 14 juillet 2026, les deux Chambres du Parlement congolais ont pris acte du Projet de Loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Les séances plénières, tenues successivement à l’Assemblée nationale et au Sénat, ont été présidées par Léon Alfred Opimbat, Premier Vice-président de l’Assemblée, et Pierre Ngolo, Président du Sénat. Le Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a présenté le texte au nom du Gouvernement.
Les recettes de l’État sont désormais fixées à 2 778 milliards FCFA, contre 2 550 milliards dans la loi de finances initiale. Les dépenses publiques atteignent 2 561 milliards FCFA, en hausse par rapport aux 2 320 milliards prévus au départ. En matière de trésorerie et de financement, les ressources sont évaluées à 1 595 milliards FCFA, contre 1 240 milliards initialement. Les charges de trésorerie s’élèvent à 1 812 milliards FCFA, contre 1 470 milliards dans la loi initiale. Le budget rectifié dégage un excédent budgétaire prévisionnel de 216,9 milliards FCFA, légèrement inférieur aux 230,3 milliards initialement projetés. Le déficit de financement, estimé à 216,9 milliards FCFA, sera compensé par l’excédent budgétaire dégagé. Ce collectif budgétaire intervient après la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale en avril 2026, consécutive à l’élection présidentielle de mars. La création et la recomposition de ministères ont nécessité des crédits supplémentaires, conformément à la Loi organique sur les finances publiques.
Le projet tient compte des tensions géopolitiques au Moyen-Orient (Iran, États-Unis, Israël) qui ont provoqué une hausse temporaire des cours du pétrole au premier semestre 2026. L’accord de paix conclu ensuite a inversé la tendance, mais les violations répétées de cet accord maintiennent une incertitude sur les recettes pétrolières.
La croissance économique du Congo est maintenue à 5,5 %, confirmant la stabilité des prévisions initiales. Le taux d’inflation est ajusté à 2,7 %, légèrement inférieur aux 3 % projetés au départ.
Le prix du brut congolais connaît une hausse significative, fixé à 67 dollars le baril, contre 60,3 dollars dans la loi de finances initiale. La production pétrolière reste inchangée, estimée à 105 millions de barils pour l’année. Le taux de change est stabilisé à 550 FCFA pour un dollar, confirmant les projections initiales. La production gazière conserve ses estimations, qu’il s’agisse du GNL, du GPL ou des autres catégories de gaz (CEC et CED).
Le Projet de Loi de finances rectificative conserve les mêmes orientations que la loi initiale, en cohérence avec le Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) 2026-2028. Elles se déclinent en cinq axes majeurs : Digitalisation des processus fiscaux et douaniers. Réduction des exonérations fiscales jugées excessives. Optimisation des recettes issues des ressources naturelles (pétrole, forêt, mines).
Gestion rigoureuse des dépenses de fonctionnement. Recherche d’une meilleure efficience dans l’utilisation des ressources publiques. Gestion de la dette publique Poursuite des efforts de réduction du niveau d’endettement. Maintien d’une trajectoire budgétaire soutenable.
Développement des secteurs hors pétrole. Promotion des activités agricoles, industrielles et minières pour réduire la dépendance aux hydrocarbures. Renforcement de la résilience économique. Reconstitution du fonds de stabilisation à la BEAC. Préparation de l’économie aux chocs externes et aux fluctuations des cours mondiaux.
Ce collectif budgétaire illustre la volonté du Gouvernement congolais de réajuster ses prévisions face aux réalités politiques internes et aux incertitudes économiques mondiales. Entre discipline budgétaire, dépendance aux cours du pétrole et nécessité de diversifier l’économie, le Congo cherche à maintenir l’équilibre tout en préparant l’avenir.
Souleymane Coulibaly
