Le jeudi 16 juillet 2026, à Ouagadougou, le Premier ministre du Burkina Faso, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, en visite officielle pour la première fois depuis son entrée en fonction. Cette rencontre marque une étape importante dans la dynamisation des relations entre le Burkina Faso et l’organisation continentale.
Le Président de la Commission a salué la mobilisation citoyenne en faveur du développement endogène et les décisions courageuses du Gouvernement en matière de contrôle et de valorisation des ressources minières. Il a également souligné la vitalité du Burkina Faso, perceptible à travers les indicateurs et les réalités observées sur le terrain.
Le Chef du Gouvernement burkinabè a profité de cette audience pour poser deux questions fondamentales : « L’Union africaine est-elle véritablement une union ? Est-elle véritablement africaine ? ». Il a regretté que l’ambition d’unité se soit progressivement dissipée dans le mutisme et l’insuffisance des actions de solidarité, notamment envers les peuples du Sahel confrontés au terrorisme. Avec des mots forts, il a dénoncé une « guerre de recolonisation » qui sévit dans la région, ainsi qu’une guerre informationnelle menée contre le Burkina Faso et les pays de la Confédération des États du Sahel. Il a exhorté l’Union africaine à se départir des narratifs imposés de l’extérieur et à mieux refléter les réalités et aspirations des peuples africains.
Le Premier ministre a également pointé la dépendance financière de l’Union africaine vis-à-vis d’acteurs étrangers, estimant qu’une telle situation empêche l’organisation de défendre véritablement les causes africaines. Il a plaidé pour une refondation profonde de l’institution, portant sur son fonctionnement, ses mécanismes de décision, sa proximité avec les peuples et son mode de financement.
« Faites une pause dans la marche de l’institution. Interrogez la jeunesse africaine pour savoir si les actions actuelles de l’Union africaine sont en phase avec les défis du continent », a-t-il recommandé, appelant à plus de courage et d’audace pour rendre l’organisation utile et souveraine.
En retour, Mahamoud Ali Youssouf a réaffirmé la place du Burkina Faso au sein de l’Union africaine, rappelant son rôle fondateur. Il a assuré de la solidarité pleine et entière de l’organisation dans la lutte contre le terrorisme et dans l’accompagnement des chantiers prioritaires du pays.
« Le Burkina Faso n’est pas seul face à ces défis et ne doit pas se sentir seul. L’Afrique est à ses côtés », a-t-il déclaré, marquant la volonté de l’Union africaine de soutenir le pays dans sa quête de souveraineté et de développement.
Korotoumou Sylla
