Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude et les tensions économiques, le Groupe de la Banque islamique de développement (BID) a présenté ses résultats opérationnels et financiers pour l’exercice 2025. Ces chiffres traduisent une dynamique robuste et une empreinte de développement élargie, confirmant le rôle central de l’institution dans le financement du progrès économique et social de ses pays membres.
Le Groupe a enregistré un niveau record de 15,8 milliards de dollars US d’approbations nettes, soit une progression de 20,2 % par rapport aux 13,1 milliards de dollars US en 2024. Depuis sa création, le cumul des approbations nettes atteint désormais 209,6 milliards de dollars US, témoignant de l’ampleur croissante de son action.
Les décaissements se sont élevés à 11,0 milliards de dollars US, représentant 69,7 % des approbations nettes et 115 % de l’objectif annuel, signe d’une exécution renforcée et d’une meilleure efficacité dans la mise en œuvre des projets.
Au niveau de la Banque, les ressources ordinaires (OCR) ont généré 5,7 milliards de dollars US d’approbations, dépassant de 3 % les objectifs fixés. La BID a ainsi mené à bien 77 projets, grâce à une supervision rapprochée et une gestion proactive, tout en mobilisant des financements additionnels : pour chaque dollar investi par la Banque, 1,03 dollar supplémentaire a été apporté par des partenaires de développement.
La Banque a aligné ses financements sur les besoins évolutifs de ses pays membres : Transport et infrastructures : 46,2 % des approbations OCR, confirmant la priorité donnée à la connectivité régionale et aux grands projets structurants.
Eau, assainissement et services urbains : 20 %, pour renforcer la résilience des villes et améliorer l’accès aux services essentiels. Santé : 16,1 %, en nette progression, traduisant une attention accrue aux systèmes sanitaires.
La BID a également intensifié son soutien à l’agriculture et à la sécurité alimentaire via son Programme de réponse à la sécurité alimentaire, et renforcé son action climatique : 42 % des financements totaux ont été consacrés à des projets liés au climat, dépassant largement l’objectif de 35 %. Ces investissements concernent les énergies renouvelables, les infrastructures durables et les projets de résilience climatique.
La répartition régionale des financements illustre l’équilibre recherché par la Banque : Asie, Amérique latine et Europe : 40,3 % des approbations, Moyen-Orient et Afrique du Nord : 33,1 % ; Afrique subsaharienne : 24,5 %.
En 2025, le revenu net OCR a atteint 638,4 millions de Dinars islamiques (environ 874 millions de dollars US), soit une hausse de 64 % par rapport à 2024. Cette performance est portée par des résultats opérationnels solides et des gains liés aux cessions de participations.
La force financière de la Banque a été confirmée par la réaffirmation de sa note AAA par les trois principales agences internationales de notation, consolidant sa crédibilité sur les marchés mondiaux.
Lors des Assemblées annuelles de 2025 en Algérie, le Conseil des gouverneurs a adopté le Cadre stratégique décennal 2026-2035, véritable feuille de route pour un développement durable, inclusif et résilient.
Par ailleurs, la Banque a lancé le Fonds concessionnel de la BID (ICF), un mécanisme dédié aux 27 pays membres les moins avancés. Doté de 3,6 milliards de dollars US d’actifs réaffectés, il sera renforcé par l’allocation de 20 % du revenu net annuel de la Banque sur cinq ans. Ce fonds offrira des financements hautement concessionnels et sensibles à la dette, afin d’aider les pays vulnérables à relever leurs défis, renforcer leur résilience et accélérer leur progression vers les Objectifs de développement durable (ODD).
Fatoumata Traoré
