Le mercredi 17 juin 2026 La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), a tenu une réunion stratégique avec la mission du Fonds Monétaire International (FMI) conduite par Izabela Karpowicz. Ces échanges, loin d’un simple suivi technique, s’inscrivent au cœur des négociations pour l’établissement d’un nouveau Programme de Facilité Élargie de Crédit (FEC).
Le Premier Vice‑Gouverneur, représentant le Gouverneur Dr Karamo Kaba, a mis en avant la pertinence des instruments de gestion monétaire déployés par la BCRG. En 2025, un assouplissement graduel a été mené avec rigueur : le taux directeur a été abaissé de 10,75 % à 9,50 %, et le coefficient des réserves obligatoires réduit de 12,75 % à 11,50 %. Cette détente a permis une amélioration notable de la liquidité bancaire, en hausse de 64,8 % en glissement annuel à fin décembre 2025.
Un pilier majeur des discussions a porté sur la stratégie de gestion des réserves internationales. La BCRG a insisté sur le caractère délibéré et transparent de cette politique, visant à renforcer la souveraineté monétaire. L’argument central repose sur la monétisation de l’or artisanal, présentée non comme une spéculation mais comme un outil stratégique pour reconstituer rapidement les réserves en devises.
À fin mars 2026, la structure des réserves reflète cette approche équilibrée : 75,11 % en devises et 24,89 % en or, réduisant la vulnérabilité aux chocs aurifères tout en garantissant une liquidité optimale.
Les échanges ont également abordé la capacité de l’économie guinéenne à absorber les chocs externes, notamment l’impact du conflit au Moyen‑Orient impliquant l’Iran. La BCRG a qualifié ce conflit de choc asymétrique négatif : si la hausse des cours de l’or agit comme amortisseur, le renchérissement de l’énergie et des importations alimentaires alimente l’inflation, projetée entre 6,0 % et 7,0 % fin 2026. La réponse proposée combine discipline budgétaire, ciblage des interventions et maintien d’une politique monétaire restrictive si nécessaire.
La BCRG a mis en avant le projet Simandou comme levier majeur de transformation. Les Investissements Directs Étrangers (IDE) ont atteint 6,489 milliards USD en 2025, soit 16,8 % du PIB, transformant la balance des paiements : d’un déficit de 151,55 millions USD en 2024, elle est passée à un excédent global de 3,121 milliards USD en 2025. Bien que les premières exportations de minerai de fer restent modestes (16,42 millions USD), les flux financiers associés renforcent durablement la position extérieure du pays.
Nana Touré
