Au premier trimestre 2026, Bank of Africa Côte d’Ivoire (BOA CI), filiale du groupe marocain Bank of Africa, a enregistré une progression spectaculaire de ses dépôts, en hausse de plus de 21 % sur un an. En revanche, son portefeuille de crédits a légèrement reculé, dans un contexte marqué par une forte montée du coût du risque. La banque parvient néanmoins à maintenir un bénéfice net quasi stable à 10,8 milliards de FCFA.
À fin mars 2026, les dépôts de la clientèle atteignent 923,3 milliards de FCFA, contre 760,3 milliards un an plus tôt, soit une progression de 21,44 %. Cette hausse de plus de 163 milliards traduit la confiance renouvelée des ménages, entreprises et institutionnels envers la banque. Pour un établissement bancaire, l’augmentation des dépôts constitue un signal fort : elle renforce la liquidité disponible et offre une marge de manœuvre pour financer l’économie ou réaliser des placements rémunérateurs.
À l’inverse, les crédits nets à la clientèle reculent de 0,3 %, pour s’établir à 442,2 milliards de FCFA, contre 443,4 milliards un an plus tôt. Cette stagnation contraste avec la vigueur des dépôts et suggère une politique d’octroi plus sélective ou une demande de financement modérée. Les crédits, pourtant moteur essentiel des revenus bancaires via les intérêts, n’ont pas suivi la même dynamique, ce qui reflète un environnement prudent et exigeant.
Le Produit Net Bancaire (PNB) ressort à 18,96 milliards de FCFA, en hausse de 3,09 % par rapport au premier trimestre 2025. Cette progression illustre la capacité de BOA CI à développer ses revenus malgré la faible croissance des crédits. Toutefois, les frais généraux ont bondi de 11,61 % à 6,77 milliards de FCFA, ce qui a légèrement comprimé le Résultat Brut d’Exploitation (RBE), en baisse de 1,10 % à 12,19 milliards.
Le principal point de vigilance du trimestre reste le coût du risque, multiplié par plus de quatre en un an. Les provisions pour créances douteuses sont passées de 157 millions à 652 millions de FCFA (+314,75 %). Cette évolution traduit soit une montée des risques de crédit, soit une politique de provisionnement plus prudente. Dans tous les cas, elle pèse sur la rentabilité de la banque.
Malgré cette charge supplémentaire, BOA CI affiche un résultat avant impôts de 12,33 milliards de FCFA (+1,46 %) et un résultat net de 10,8 milliards de FCFA, en légère progression de 0,91 % par rapport aux 10,7 milliards de l’an dernier. La banque conserve ainsi une rentabilité robuste, tout en renforçant sa base de clientèle.
Sur le marché boursier, l’action BOA CI figure parmi les meilleures performances du secteur bancaire à la BRVM. Le titre est passé de 7 180 FCFA au 2 janvier à 8 995 FCFA au 1er juin 2026, soit une hausse de près de 24 % en cinq mois. Portée par l’optimisme des investisseurs et les solides résultats de 2025, l’action a atteint un pic de plus de 9 400 FCFA début mai avant de consolider, puis de rebondir à l’approche des publications trimestrielles.
Cette trajectoire boursière illustre la confiance du marché dans les perspectives de croissance de BOA CI et dans sa capacité à maintenir une rentabilité élevée, malgré un environnement économique plus contraignant.
Khadidiatou Maïga
