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Assemblées annuelles de la BAD: la Côte d’Ivoire plaide pour une mobilisation accrue des ressources domestiques

À l’occasion du lancement du rapport Perspectives économiques en Afrique 2026 (PEA 2026), le Ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, a pris part à un panel de haut niveau en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD). À cette tribune, il a appelé à une mobilisation renforcée des ressources internes, condition essentielle d’un financement souverain du continent dans un contexte mondial fragmenté.

Le rapport, présenté par le Professeur Kevin Chika Urama, Économiste en chef et Vice‑président de la BAD, confirme la résilience africaine : une croissance attendue à 4,3 % en 2026, avec douze des vingt économies les plus dynamiques au monde, et une inflation ramenée à 9,5 % contre 21,8 % en 2024.

Dr Diarrassouba a toutefois estimé que ce rythme reste en deçà des besoins : une croissance comprise entre 7 % et 10 % serait nécessaire pour absorber la pression démographique et réduire significativement la pauvreté, alors que la dette publique africaine est passée de 1 600 à près de 1 900 milliards de dollars entre 2020 et 2024.

Le ministre a chiffré l’enjeu central : un déficit annuel de 469 milliards de dollars, face à un potentiel mobilisable supérieur à 1 400 milliards. Les besoins demeurent considérables : plus de 1 300 milliards par an pour les Objectifs de développement durable ; 184 à 221 milliards pour les infrastructures ; 213 milliards pour le climat ; 402 milliards pour la transformation structurelle.

Le Plan national de développement 2026‑2030 (PND), doté de 114 838,5 milliards de FCFA, prévoit une contribution privée supérieure à 70 %, soit environ 80 600 milliards. La crédibilité ivoirienne est renforcée par une croissance estimée à 6,5 % en 2025, des notations stables de Moody’s (Ba2) et Standard & Poor’s (BB), ainsi qu’une émission d’eurobond de 1,3 milliard de dollars sur quinze ans, sursouscrite près de cinq fois au taux compétitif de 5,39 %.

Un mécanisme de conversion de dette conclu avec la Banque mondiale a en outre dégagé 60 millions d’euros d’économies, réinvestis dans la construction de plus de 30 écoles au bénéfice de 30 000 élèves.

Le ministre a plaidé pour : la modernisation des administrations fiscales ; la digitalisation des procédures ; l’élargissement de l’assiette fiscale (actuellement autour de 15 % du PIB, en deçà de l’objectif UEMOA de 20 %) ; le développement accéléré des marchés de capitaux africains ; un recours accru aux financements innovants : obligations vertes, partenariats public‑privé, conversion de dette, finance islamique.

 « L’Afrique dispose du potentiel nécessaire pour financer sa propre transformation. La clé réside dans une mobilisation plus efficace des ressources domestiques, une gouvernance économique renforcée et une orientation déterminée des capitaux vers des investissements réellement transformateurs », a déclaré Dr Souleymane Diarrassouba.

Au‑delà du diagnostic, le PEA 2026 invite à l’action. À Brazzaville, le ministre ivoirien aura porté une équation claire : aligner capitaux mobilisés, réformes économiques, institutions publiques et priorités nationales de transformation. Une ambition que la Côte d’Ivoire entend incarner, à l’heure où le continent cherche les voies d’un financement maîtrisé et souverain.

Khadidiatou Maïga

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