Auditionné à l’Assemblée nationale, le Ministre des Finances et du Budget du Sénégal, Cheikh Diba a présenté les résultats du premier trimestre 2026. Entre recettes en hausse et déficit maîtrisé, l’État affiche une stratégie de prudence dans un contexte marqué par les tensions pétrolières internationales.
Pour l’exercice 2026, le Sénégal s’est fixé un objectif de 5 932,2 milliards FCFA de recettes et 7 177,2 milliards FCFA de dépenses. À fin mars, les recettes du budget général ont atteint 1 139,5 milliards FCFA, soit 19,2 % de l’objectif annuel. Ce niveau représente une progression de 103,4 milliards FCFA par rapport à la même période en 2025.
Les dépenses globales se sont établies à 1 482,7 milliards FCFA, dont 1 346,3 milliards sur ressources internes et 136,4 milliards sur ressources externes. Le déficit budgétaire ressort ainsi à 343,2 milliards FCFA, soit 1,5 % du PIB, en ligne avec la trajectoire de consolidation fixée par la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026, qui prévoit un déficit annuel de 1 245,1 milliards FCFA (5,37 % du PIB).
À fin avril, les recettes cumulées se sont portées à 1 558 milliards FCFA. Les dépenses ordonnancées sur ressources internes ont atteint 1 103,2 milliards FCFA, correspondant à 35,5 % des crédits ouverts. Ce rythme d’exécution, inférieur aux recettes mobilisées, traduit une gestion volontairement prudente et rigoureuse.
Cheikh Diba a souligné que cette prudence s’inscrit dans un environnement marqué par le choc pétrolier lié aux tensions au Moyen-Orient. L’incertitude sur l’évolution des prix des hydrocarbures pèse à la fois sur les recettes pétrolières et sur les charges de subventions au secteur de l’énergie.
Cette présentation met en évidence une stratégie budgétaire axée sur la discipline financière et la maîtrise du déficit, malgré un contexte international défavorable. La hausse des recettes au premier trimestre témoigne d’une mobilisation accrue, mais l’exécutif reste vigilant face aux aléas du marché énergétique. La trajectoire adoptée vise à préserver la stabilité macroéconomique tout en maintenant la capacité de l’État à financer ses priorités.
Khadidiatou Maïga
