A LA UNESommet Africa Forward: un plaidoyer africain pour une gouvernance mondiale rééquilibrée

Sommet Africa Forward: un plaidoyer africain pour une gouvernance mondiale rééquilibrée

Lors du sommet Africa Forward, tenu du 11 au 12 mai 2026 à Nairobi, le président kényan William Ruto a prononcé un discours percutant dénonçant les déséquilibres structurels qui marginalisent l’Afrique sur la scène internationale. Devant une trentaine de chefs d’État africains et en présence du président français Emmanuel Macron, il a appelé à une refonte profonde de la gouvernance mondiale, notamment dans le domaine financier, afin que le continent obtienne une place légitime dans les instances de décision.

L’ouverture du sommet, organisée au KICC de Nairobi et coprésidée par Emmanuel Macron, a réuni un large éventail de dirigeants africains : Paul Kagame (Rwanda), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Abdel Fattah el-Sisi (Égypte), Faustin-Archange Touadéra (République centrafricaine), Azali Assoumani (Comores), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Mohamed al-Menfi (Libye) et le roi Letsie III (Lesotho).

Étaient également présents Hakainde Hichilema (Zambie), Mamady Doumbouya (Guinée), Bola Ahmed Tinubu (Nigéria), Joseph Boakai (Libéria), Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Mahamat Idriss Déby (Tchad), Duma Boko (Botswana), Dharambeer Gokhool (Maurice), John Dramani Mahama (Ghana), Daniel Chapo (Mozambique), Michael Randrianirina (Madagascar), ainsi que le Premier ministre Abiy Ahmed (Éthiopie) et le Secrétaire général de l’ONU António Guterres.

Dans son intervention, Emmanuel Macron a réaffirmé l’engagement de la France en faveur d’une meilleure représentation de l’Afrique au sein des institutions internationales. Il a insisté sur l’importance d’intégrer le continent dans les organes financiers majeurs tels que le FMI et la Banque mondiale. Les deux dirigeants ont annoncé leur intention de défendre cette réforme lors du prochain sommet du G7, prévu en juin à Évian.

William Ruto a dénoncé un système financier mondial qu’il juge « structurellement inégal », en soulignant des coûts d’emprunt exorbitants, des mécanismes de notation défavorables, un accès limité aux financements pour les économies africaines.

Il a appelé les gouvernements à lever les goulets d’étranglement freinant l’industrialisation verte, en garantissant des permis efficaces, une politique prévisible et un environnement favorable à l’investissement. Il a également exhorté les financiers à rendre les investissements plus abordables et les entrepreneurs à clarifier leurs engagements en matière de construction, d’achats et de délais de livraison.

Selon lui, ces obstacles entravent l’industrialisation et le développement des infrastructures. Il a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de mobiliser ses propres ressources, évoquant plus de 4 000 milliards de dollars d’épargne disponible. « L’Afrique doit financer l’Afrique », a-t-il martelé, appelant à accélérer l’intégration régionale via la Zlecaf.

William Ruto a présenté le continent comme « une partie de la solution » pour la transition énergétique mondiale. Grâce à ses ressources minières, son potentiel en énergies renouvelables et sa jeunesse dynamique, l’Afrique peut jouer un rôle central. Il a conclu que cette transition ne doit pas seulement être écologique, mais aussi une transition vers le développement et l’industrialisation du continent.

Souleymane Coulibaly

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