A LA UNEMali: un financement d’urgence du FMI pour faire face aux séquelles des...

Mali: un financement d’urgence du FMI pour faire face aux séquelles des inondations

Le 16 avril 2026, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un décaissement de 129 millions de dollars US (93,3 millions de DTS) au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR). Ce financement vise à répondre aux besoins urgents liés aux inondations de 2024, qui ont dévasté les infrastructures, l’agriculture et les moyens de subsistance, aggravant une insécurité alimentaire déjà préoccupante.

Ce soutien intervient dans un environnement marqué par des pressions sécuritaires persistantes, une baisse de la production aurifère, des coupures d’électricité récurrentes et une contraction budgétaire plus forte que prévu, autant de facteurs qui pèsent sur la croissance du PIB.

Selon le communique de presse du FMI, la FCR est assortie d’un programme de référence de 11 mois, conçu pour accompagner les autorités dans la mise en œuvre de réformes structurelles. Les engagements portent notamment sur : renforcement de la gouvernance budgétaire et de la transparence dans l’utilisation des fonds, amélioration de la gestion des finances publiques, protection des populations vulnérables par un dispositif social renforcé, lutte contre l’insécurité alimentaire.

Le communique indique que le programme prévoit également une politique budgétaire axée sur la viabilité, dans un contexte de conditions de financement serrées et de coûts d’emprunt élevés. Les réformes incluent l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement de l’administration des recettes et des douanes, ainsi que l’amélioration de l’efficience des dépenses publiques.

Un accent particulier est mis sur la nécessité de remédier aux vulnérabilités des entreprises publiques, notamment Énergie du Mali (EDM), dont la situation financière fragilise l’économie. Le FMI insiste sur l’importance de préserver l’investissement public tout en protégeant les ménages vulnérables.

« Le Mali a subi plusieurs chocs économiques en 2024, dont des inondations extrêmes et une vague de chaleur sans précédent. Le financement d’urgence au titre de la FCR aidera à répondre aux besoins immédiats de la balance des paiements, tout en soutenant les réformes de gouvernance indispensables pour rétablir la confiance des partenaires et améliorer le climat des affaires», a expliqué M. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président du Conseil  à l’issue des débats.

Il a ajouté que le risque de surendettement du Mali demeure modéré, mais que les pressions se sont accrues depuis l’analyse de viabilité de la dette de 2023.

Ce décaissement constitue une bouffée d’oxygène pour les finances publiques maliennes. Il offre aux autorités une marge de manœuvre pour financer les importations essentielles, reconstruire les infrastructures et renforcer la protection sociale. Mais il s’accompagne d’exigences claires : améliorer la gouvernance, discipliner la gestion budgétaire et restaurer la crédibilité auprès des partenaires internationaux.

Korotoumou Sylla

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Contenu exclusif

Derniers Articles

Plus d'articles