La Banque mondiale place au cœur de son action le développement du capital humain, la modernisation des infrastructures, l’accroissement de la productivité agricole et le dynamisme du secteur privé. Ainsi le 7 avril 2026, l’institution a validé son Cadre de Partenariat Pays (CPF) 2026-2031, un programme ambitieux qui concernera quatre États stratégiques de la région : le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad.
Le Cadre de Partenariat Pays (CPF) 2026-2031 ambitionne de transformer les économies sahéliennes en s’appuyant sur plusieurs leviers complémentaires.
Capital humain pour l’amélioration de la santé et de l’éducation constitue une priorité, afin d’offrir aux jeunes et aux femmes des perspectives durables et de renforcer leur rôle dans la société. Infrastructures de base afin d’assurer la modernisation des réseaux essentiels est envisagée pour soutenir la croissance et faciliter l’accès aux services. Agriculture pour stimuler l’accroissement de la productivité et une meilleure intégration des filières rurales doivent permettre de consolider la sécurité alimentaire et de dynamiser les territoires. Secteur privé où la Banque mondiale mise sur la vitalité des entreprises locales et régionales pour diversifier les économies et stimuler l’innovation.
Consciente des fragilités structurelles et des tensions persistantes dans la région, la Banque mondiale a choisi d’inscrire ce partenariat dans le cadre de sa stratégie Fragilité-Conflits-Violence (FCV). Cette orientation permet de déployer une approche flexible, ajustée aux spécificités de chaque pays, et d’adapter les interventions en fonction des contextes sécuritaires mouvants. L’une des grandes avancées du CPF 2026-2031 réside dans la mobilisation conjointe des différentes branches du Groupe de la Banque mondiale. L’IDA assurera le financement des États, l’IFC accompagnera le secteur privé, tandis que la MIGA garantira les investissements contre les risques politiques.
Cette articulation vise à élargir l’accès au financement pour les micro, petites et moyennes entreprises (MPME), consolider les chaînes d’approvisionnement locales et régionales, favoriser la création d’emplois de meilleure qualité, en phase avec les besoins des populations.
Le partenariat s’articule autour de projets emblématiques qui traduisent la volonté de la Banque mondiale d’apporter des solutions concrètes aux défis du Sahel. Mission 300 vise à élargir l’accès à l’électricité, Agriconnect ambitionne de stimuler le développement rural et d’inclure davantage les producteurs dans les circuits économiques, tandis que l’accélération de la couverture santé universelle doit garantir un accès élargi aux soins pour les populations. La Banque mondiale souligne que ce Cadre de Partenariat Pays est conçu en cohérence avec les stratégies nationales de développement. Il s’inscrit dans le SNEDD 2024-2033 au Mali, le PND 2026-2030 au Burkina Faso, le PRR au Niger et Tchad Connexion 2030, consolidant ainsi une vision partagée de croissance inclusive et durable.
Malgré l’enclavement géographique et les défis sécuritaires, l’IFC et la MIGA rappellent l’importance d’un secteur privé dynamique. Grâce à des mécanismes de garanties renforcés, la Banque mondiale entend préserver et stimuler les flux d’investissement, leviers indispensables pour diversifier les économies et soutenir une croissance inclusive au Sahel.
Ce nouveau cadre de partenariat illustre la volonté de l’institution de conjuguer développement économique, inclusion sociale et résilience sécuritaire. Pour les pays du Sahel, il représente une opportunité majeure de bâtir des économies plus solides, capables de répondre aux aspirations de leurs populations et de relever les défis d’un environnement complexe.
Korotoumou Sylla
