A LA UNECôte d’Ivoire: l’ascension d’une économie en pleine mutation

Côte d’Ivoire: l’ascension d’une économie en pleine mutation

Selon les dernières données du FMI, la Côte d’Ivoire s’est hissée en 2024 au troisième rang des pays les plus riches d’Afrique subsaharienne, hors États de moins de trois millions d’habitants. Avec un PIB par habitant de 2 723 dollars, elle devance désormais ses voisins ouest-africains et se positionne derrière l’Afrique du Sud (6 332 dollars) et l’Angola (3 054 dollars). Le Cercle étude et de réflexion sur le  monde Francophone (CERMF) souligne que cette performance est d’autant plus remarquable que le pays ne dispose pas de ressources naturelles comparables à celles de ses concurrents directs : l’Afrique du Sud, géant minier, et l’Angola, puissance pétrolière ayant extrait en 2024 31 fois plus de pétrole que la Côte d’Ivoire.

Le PIB par habitant, bien que perfectible, demeure l’indicateur le plus pertinent pour comparer les niveaux de richesse. Comme le rappelle le CERMF, le PIB nominal favorise mécaniquement les pays les plus peuplés, même lorsqu’ils sont moins dynamiques. À l’inverse, les très petits États, tels que les Seychelles ou Maurice, apparaissent surreprésentés dans ce type de classement. C’est pourquoi la Côte d’Ivoire, avec ses 28 millions d’habitants, offre une mesure plus représentative de son véritable dynamisme économique.

Le CERMF précise également que la décennie 2015-2024 a été marquée par une croissance annuelle moyenne de 6,1 %, nettement supérieure à celle du Ghana (4,4 %), du Kenya (4,6 %) ou du Nigeria (1,7 %). Là où certains pays riches en ressources naturelles s’appauvrissent faute de croissance supérieure à leur démographie, la Côte d’Ivoire s’impose comme l’économie la plus dynamique du continent, selon le CERMF. Ce résultat est le fruit de réformes structurelles : amélioration du climat des affaires, lutte contre la corruption, diversification et industrialisation accélérée.

La Côte d’Ivoire a fait le choix stratégique de transformer localement ses productions agricoles. Aujourd’hui, elle traite environ 80 % de son caoutchouc naturel, 70 % de son thon, 45 % de son cacao et 30 % de ses noix de cajou (contre seulement 6 % en 2016). Ces avancées lui permettent de créer davantage de valeur ajoutée et de se projeter parmi les économies les plus industrialisées d’Afrique subsaharienne, aux côtés de l’Afrique du Sud. Le pays ambitionne d’atteindre un taux de transformation de 100 % pour le cacao d’ici 2030 et de 50 % pour les noix de cajou d’ici 2027, confirmant sa volonté de s’affranchir du modèle extractif classique.

La lutte contre la corruption constitue un autre pilier de cette réussite. Classée 69e sur 180 pays par Transparency International en 2024, la Côte d’Ivoire se situe au même niveau que le Sénégal et le Bénin, devant le Ghana (80e) ou l’Afrique du Sud (82e). Cette reconnaissance internationale renforce la crédibilité du pays auprès des investisseurs et des partenaires institutionnels.

Symbole de cette transformation, la construction de la Tour F, appelée à devenir en 2026 la plus haute tour d’Afrique et du monde francophone (404 mètres), illustre la volonté du pays de s’affirmer comme un acteur majeur, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan culturel et architectural.

Moussa Traoré

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