Dans le cadre de l’examen du Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) 2026, la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a pris part, ce dimanche 29 mars 2026, aux travaux en inter‑commissions du Conseil National de la Transition (CNT), accompagnée des cadres techniques de son département.
Cette session a mobilisé l’ensemble des directions stratégiques du ministère budget, impôts, douanes, trésor, dette et portefeuille de l’État avec pour objectif d’apporter des éclairages précis aux préoccupations formulées par les conseillers nationaux.
Au cours des échanges, les équipes du ministère ont répondu à 77 questions couvrant les principaux axes de la politique budgétaire. Cette approche illustre une volonté affirmée de transparence, de pédagogie et de redevabilité dans la gestion des finances publiques.
Parmi les points essentiels discutés lors des travaux figure la gestion des ressources issues du Budget d’Affectation Spéciale (BAS) Simandou. Les explications fournies ont précisé que les 1 787 milliards GNF prévus pour 2026 seront répartis selon des priorités clairement établies. Ainsi, 25 % seront consacrés au fonds souverain, garantissant une réserve stratégique pour l’avenir. Une autre part de 25 % sera affectée au secteur de l’éducation, conformément aux engagements pris par les autorités en faveur du capital humain. Le solde servira à financer divers projets structurants inscrits dans le programme de développement à long terme. Concernant l’opérationnalisation du fonds souverain, le ministère a indiqué que le cadre légal est déjà prévu dans la loi de finances. Son alimentation effective interviendra dès sa création officielle, grâce notamment aux revenus générés par l’exploitation du minerai de fer dans le cadre du projet Simandou 2040.
Les responsables ont souligné que le Budget d’Affectation Spéciale (BAS) Simandou respecte pleinement les dispositions de la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LORF). Conformément à ce cadre juridique, ce type de budget est exécuté sans personnalité propre et placé sous la responsabilité directe des ordonnateurs principaux. Cette précision vise à rappeler que la gestion du BAS Simandou s’inscrit dans une logique de rigueur institutionnelle et de conformité légale, garantissant une utilisation transparente et contrôlée des ressources destinées au développement stratégique du pays.
Les discussions ont également porté sur les mesures envisagées pour atténuer l’impact des tensions économiques mondiales, en particulier celles liées à la situation au Moyen‑Orient. Le ministère a indiqué qu’une révision périodique des prix administrés sera mise en place afin de réduire les écarts avec les prix réels du marché. Dans l’hypothèse d’une hausse durable des cours internationaux, des ajustements progressifs des prix à la pompe pourraient être adoptés. Ces ajustements seraient accompagnés de mesures ciblées destinées à protéger les secteurs les plus sensibles de l’économie nationale. Par ailleurs, un renforcement de la communication publique est prévu afin d’expliquer clairement les décisions prises et de maintenir la confiance des citoyens. Cette approche traduit une volonté de conjuguer réalisme économique et responsabilité sociale, en anticipant les chocs externes tout en préservant la stabilité interne.
À travers sa participation active aux travaux du Conseil National de la Transition (CNT), le Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a réaffirmé son engagement à défendre un budget orienté vers la souveraineté nationale, la transformation économique et le développement durable de la Guinée. Cette étape constitue un moment décisif dans le processus d’adoption du Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) 2026. Elle illustre la volonté des autorités de mettre en place une gouvernance financière à la fois rigoureuse et transparente, mais surtout alignée sur les priorités nationales.
En s’inscrivant dans cette logique, le PLFI 2026 apparaît non seulement comme un instrument budgétaire, mais aussi comme un véritable outil stratégique, destiné à renforcer la résilience économique et à améliorer les conditions de vie des populations.
Awa Sanogo
