La semaine dernière, le Ghana a franchi une étape décisive dans son ambition de conjuguer industrialisation et durabilité. Le pays a inauguré la plus vaste usine de ciment à base d’argile au monde, exploitée par CBI Ghana Limited, marquant un tournant dans la fabrication à faible teneur en carbone et dans la transformation économique nationale.
Selon les projections, l’installation affiche une capacité annuelle de 1,5 million de tonnes de ciment, dont 400 000 tonnes d’argile calcinée. Ce procédé innovant permet de réduire les émissions de carbone en remplaçant partiellement le clinker, matériau traditionnel mais fortement énergivore, par de l’argile traitée.
Lors de la cérémonie d’inauguration, le président ghanéen a annoncé l’objectif ambitieux du gouvernement : porter la contribution du secteur manufacturier à au moins 15 % du PIB d’ici 2030. Cette orientation constitue un pilier central du programme de transformation économique, visant à développer l’industrie, renforcer la production locale et créer des opportunités d’emplois durables. Le président Mahama a salué le rôle déterminant de l’Autorité des zones franches du Ghana et du ministère du Commerce, de l’Agrobusiness et de l’Industrie dans la facilitation de l’investissement. Il a également félicité la direction de CBI Ghana pour avoir concrétisé un projet qui consolide la position du pays dans la transition industrielle et écologique.
Conçue pour fonctionner en continu dans le cadre de la politique gouvernementale d’économie 24 heures, cette cimenterie devrait générer des emplois tout au long de la chaîne de valeur, réduire la dépendance du Ghana vis-à-vis du clinker importé et soutenir l’ambition nationale de produire compétitivement pour la consommation intérieure comme pour l’exportation.
Au-delà de ses retombées locales, l’usine s’inscrit dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Elle offre au Ghana l’opportunité de renforcer sa compétitivité régionale, de diversifier ses exportations et de contribuer activement à l’intégration économique du continent.
Aminata Dembélé
