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Mobile money et régulation: Wave face à la controverse du prélèvement de 1 %

La Direction Générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC) du Mali a récemment rappelé à l’ordre la société Wave SA, accusée de ne pas appliquer la contribution de 1 % sur les retraits mobile money instaurée par l’État. Cette décision ravive le débat sur l’équilibre entre protection des consommateurs et respect des règles de concurrence.

Pour maintenir la gratuité des retraits, Wave a choisi d’absorber elle‑même le coût de cette taxe. Une stratégie qui séduit une partie de l’opinion publique et renforce l’attractivité de l’opérateur sur un marché en pleine expansion. Pour de nombreux usagers, cette politique représente un soulagement immédiat dans un contexte économique marqué par la hausse des prix et la pression sur le pouvoir d’achat.

Cependant, cette approche soulève une question légitime : comment assurer une concurrence loyale lorsque d’autres opérateurs, tels qu’Orange Mali et Moov Africa Malitel, appliquent strictement la contribution conformément aux textes en vigueur ? La DGCC insiste sur la nécessité de préserver l’équilibre du marché et d’éviter toute distorsion susceptible de fragiliser le secteur à long terme.

Pour plusieurs observateurs, la controverse autour du prélèvement de 1 % dépasse le simple affrontement entre entreprises et autorités. Elle met en lumière une problématique plus profonde : comment concilier le soulagement immédiat des consommateurs avec la stabilité durable du système économique ? La réponse à cette équation déterminera non seulement l’avenir du mobile money au Mali, mais aussi la confiance des usagers dans les institutions de régulation.

Le dossier Wave illustre les défis d’un secteur en pleine mutation, où l’innovation commerciale se heurte aux impératifs de régulation. Selon les données de l’Autorité Malienne de Régulation des Télécommunications, des TIC et des Postes (AMRTP), le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile est passé de 19,7 millions en 2013 à 25,25 millions en 2023. Sur la même période, les abonnés à Internet ont bondi de 3,4 millions à 13,4 millions, soit une progression de 294 %. Quant à la téléphonie fixe, elle est passée de 126 362 lignes à 347 704. Le chiffre d’affaires du secteur, évalué à 384 milliards FCFA en 2013, n’a cessé de croître depuis. La hausse envisagée de la taxe sur les services télécoms devrait, une fois appliquée, contribuer à renforcer les recettes de l’État malien.

Entre attractivité pour les consommateurs et respect des règles de concurrence, l’enjeu reste de trouver une voie médiane qui garantisse à la fois la protection des usagers et la stabilité du marché.

Souleymane Coulibaly

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