Les dirigeants des Communautés économiques régionales (CER) ont approuvé la Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA), portée par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Ce cadre novateur vise à mobiliser à grande échelle des capitaux domestiques, à renforcer la souveraineté financière du continent et à combler le déficit persistant de financement du développement.
L’approbation est intervenue lors d’une session de haut niveau convoquée par le président du Groupe de la Banque, Dr Sidi Ould Tah, en marge du 39e Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba qui s’est tenu les 14 et 15 février. Les dirigeants de sept CER reconnues par l’UA, aux côtés du Secrétaire général du Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA), ont partagé des actions concrètes pour intensifier les investissements transfrontaliers dans les infrastructures, l’industrialisation et le développement du secteur privé.
Dans son intervention, Dr Ould Tah a souligné que la NAFA n’est pas seulement un plan financier, mais un véritable plan directeur pour la transformation économique de l’Afrique. Pour M. Ould Tah elle doit permettre de dépasser les systèmes fragmentés, de libérer le potentiel des capitaux africains, de soutenir l’emploi des jeunes et de financer des infrastructures structurantes.
Les dirigeants régionaux ont salué cette initiative et ont mis en avant la nécessité de plateformes de cofinancement, de mécanismes de garantie pour réduire les risques et de politiques harmonisées afin de renforcer la mobilisation des ressources locales. La lutte contre les flux financiers illicites a également été identifiée comme un enjeu crucial pour consolider la durabilité budgétaire et la gouvernance.
La session s’est conclue par un engagement commun autour de trois axes majeurs : Approfondir la coordination entre la BAD, les CER et les institutions financières africaines, aligner les projets régionaux phares avec les priorités d’investissement de la NAFA et garantir des résultats mesurables, inclusifs et transformateurs, afin d’assurer un impact concret sur les populations.
En consolidant cette nouvelle architecture, l’Afrique entend bâtir un modèle de financement endogène, capable de soutenir son industrialisation, de renforcer ses chaînes de valeur régionales et de donner plus de poids à sa voix dans les négociations internationales. La NAFA s’impose ainsi comme un pilier central de l’Agenda 2063, en plaçant la souveraineté financière et l’intégration régionale au cœur du développement du continent.
Souleymane Coulibaly
