Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi, le Premier Ministre a mis en avant le potentiel stratégique de la filière sel. Il a rappelé que le Sénégal figure parmi les principaux producteurs africains, avec une production annuelle estimée à plus de 500 000 tonnes, ce qui en fait le premier producteur et exportateur significatif d’Afrique de l’Ouest.
Dans sa communication, le premier ministre Ousmane Sonko a il a souligné que la contribution économique du secteur reste limitée. Selon M. Sonko la valeur de la production de sel ne représente qu’environ 0,3 % du PIB national et qu’une part importante est encore exportée sous forme brute ou faiblement transformée, réduisant la valeur ajoutée captée par l’économie nationale et maintenant une dépendance vis-à-vis des importations pour certains produits raffinés et dérivés chimiques.
Pour le chef du gouvernement, le développement stratégique de cette filière constitue une opportunité majeure : renforcer la base industrielle nationale, améliorer la balance commerciale, stimuler les économies locales et favoriser l’émergence d’industries à forte valeur ajoutée. À en croire le Premier ministre, à l’horizon 2034, la filière sel pourrait générer plus de 30 000 emplois formels et atteindre un chiffre d’affaires de 350 milliards de FCFA.
Le Premier Ministre a également indiqué que le choix de la filière sel permettra de faire du Pôle-Territoire Centre le noyau industriel du secteur. L’ambition est de bâtir, d’ici 2050, un écosystème territorial intégré autour du sel, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur : production modernisée, conditionnement et stockage, transformation industrielle, logistique et transport, services d’appui aux acteurs locaux. Cette structuration vise à créer une filière complète et compétitive, capable de générer des retombées économiques durables.
Enfin, le Premier Ministre a rappelé l’ambition portée par l’État : faire du « Sel du Sénégal » un label de qualité, leader sur le marché régional et compétitif à l’international. Pour lui ce label incarnera l’excellence de la production nationale et la volonté du pays de s’imposer comme un acteur incontournable dans une filière stratégique.
Souleymane Coulibaly
