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Conjoncture économique dans la Zone UEMOA: une croissance robuste malgré les défis mondiaux

Dans son rapport de conjoncture économique régionale (Note n°69, 3e trimestre 2025), la Direction de la prévision et des études économiques souligne que le taux de croissance de l’activité économique est estimé à 6,7 % en 2025, contre 6,2 % en 2024. Cette progression est attribuée au dynamisme des secteurs agricoles, industriels, commerciaux et de services, ainsi qu’à l’entrée en exploitation de nouveaux gisements de pétrole et de gaz en Côte d’Ivoire, au Niger et au Sénégal.

Le rapport rappelle que l’année 2025 a été difficile pour l’économie mondiale. Pourtant, l’UEMOA a affiché une robustesse remarquable, portée par l’agriculture, l’industrie, le commerce et les services.

Selon le rapport, la production agricole vivrière régionale a enregistré une progression de 6,1 % en 2024, tandis que les cultures destinées à l’exportation ont légèrement reculé de 0,5 %.

Au Bénin, la production vivrière a augmenté de 4,2 %, portée par les céréales et les légumes, alors que les cultures d’exportation ont connu une contraction de 2,5 %. En Côte d’Ivoire, l’agriculture d’exportation s’est repliée de 3,6 %, malgré la bonne tenue du cacao (+3,6 %) et du café (+53,8 %). En revanche, l’anacarde (-22,9 %) et la banane (-5,3 %) ont fortement chuté, reflétant les effets climatiques et la baisse de la demande. Au Mali, la campagne agricole 2024 a été marquée par une hausse de 10,7 % des cultures vivrières et une progression de 12,7 % des productions d’exportation, dominées par le coton. Au Togo, les estimations indiquent une hausse de 6,1 % des produits vivriers et une spectaculaire reprise des cultures d’exportation (+76,6 %), portée par le coton (+95 %), le café (+67,7 %) et le cacao (+43,1 %).

Le rapport met en évidence des évolutions différenciées selon les pays de l’UEMOA au troisième trimestre 2025. En Côte d’Ivoire, l’activité industrielle a reculé de -3,7 %, pénalisée par la baisse des industries extractives et agroalimentaires. Toutefois, les performances du raffinage (+14,9 %) et de la chimie (+16,9 %) ont permis d’atténuer la contraction. Au Mali, la production industrielle s’est repliée de -4,9 %, en raison de l’absence de production de coton égrené et des contreperformances de la chimie (-34 %). La vigueur des activités aurifères (+91,3 %) a néanmoins limité l’ampleur du recul. Au Niger, l’évolution a été nettement plus favorable, avec une progression de +20,8 %. Cette dynamique a été soutenue par les mines (+27,8 %) et les industries manufacturières (+12,5 %). La production pétrolière a bondi de +29,1 %, malgré le repli marqué de l’uranium (-51,4 %) et du charbon (-45,2 %).

Le rapport souligne que le secteur du commerce et des services a affiché une bonne tenue au troisième trimestre 2025. En Côte d’Ivoire, l’indice général du chiffre d’affaires a progressé de 5,3 %, porté par la vigueur du commerce de détail et des services liés à l’automobile. Cette performance traduit une reprise de la consommation et une amélioration de l’activité commerciale. En Guinée-Bissau, l’indice du commerce et des services a enregistré une hausse de 2,7 %, soutenue par plusieurs branches : les textiles et habillement (+3,9 %), les matériaux de construction (+3,2 %) ainsi que les produits pétroliers (+3,1 %). Ces résultats témoignent d’une diversification des moteurs de croissance et d’une dynamique favorable dans les échanges commerciaux.

Souleymane Coulibaly

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