Tandis que les négociations entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) s’intensifient autour de la restructuration de la dette publique, Dakar a annoncé une opération financière réussie. Le pays est parvenu hier à mobiliser 98,990 milliards FCFA sur le marché financier de l’UEMOA, grâce à une émission simultanée de bons assimilables du Trésor (BAT) de 364 jours et d’obligations assimilables du Trésor (OAT) de 3 et 5 ans.
Cette levée de fonds traduit la confiance des investisseurs régionaux dans la capacité du Sénégal à honorer ses engagements financiers, malgré les tensions actuelles avec le FMI. Elle offre au pays des liquidités immédiates pour couvrir ses besoins budgétaires et assurer la continuité de ses projets publics.
Le gouvernement sénégalais cherche à obtenir un accord de restructuration de sa dette afin de réduire la pression sur ses finances d’un côté. Le FMI, de son côté, exige des réformes structurelles et une discipline budgétaire renforcée avant d’apporter son soutien. Ce face-à-face illustre les dilemmes auxquels sont confrontés de nombreux pays africains à maintenir la stabilité macroéconomique tout en finançant leur développement.
La mobilisation de près de 99 milliards FCFA pourrait renforcer la position du Sénégal dans ses discussions avec le FMI, en démontrant sa capacité à trouver des ressources régionales. Mais cette réussite soulève de nouvelles interrogations. Comment transformer ce succès ponctuel en stratégie durable pour assurer la soutenabilité de la dette ?
Le FMI verra-t-il cette levée de fonds comme un signe de crédibilité financière ou comme une dépendance accrue aux marchés régionaux ?
Quelles réformes budgétaires ou institutionnelles le Sénégal est-il prêt à engager pour obtenir l’appui du FMI ? Comment cette opération s’intègre-t-elle dans une stratégie globale de gestion de la dette (réduction du déficit, diversification des financements, etc.) ?
Quels secteurs prioritaires infrastructures, énergie, protection sociale pourraient bénéficier de ces ressources si un accord est trouvé ?
Souleymane Coulibaly
