Le Premier ministre malien de Transition, Général de Division Abdoulaye Maïga, a dirigé, ce jeudi 2 avril 2026, la 16ᵉ session du Comité Exécutif National de l’Agriculture (CENA). Organisée en amont du Conseil Supérieur de l’Agriculture présidé par le Chef de l’État, Général d’Armée Assimi Goïta, cette rencontre s’est imposée comme un espace stratégique de dialogue entre les acteurs du monde rural et les membres du Gouvernement autour des enjeux majeurs du secteur.
Les résultats de la campagne agricole écoulée traduisent une dynamique encourageante et marquent une étape significative pour le secteur rural. Il ressort des travaux que le pays a enregistré 11 452 540 tonnes de céréales, confirmant la vitalité de la production vivrière. La filière coton a atteint 433 700 tonnes, consolidant sa place parmi les moteurs de l’économie nationale. Les services vétérinaires ont contrôlé 157 775 tonnes de viande, garantissant la qualité et la sécurité alimentaire. La collecte laitière s’est élevée à 17 238 tonnes, témoignant des efforts de structuration de cette filière. Quant à la pêche, elle a fourni 122 671 tonnes de poisson, renforçant la disponibilité de protéines pour les ménages. Ces performances, saluées par le Premier ministre, illustrent la résilience et l’engagement des producteurs face aux défis multiples.
Pour l’année 2026, les prévisions agricoles annoncent une progression notable. La production céréalière devrait atteindre 11 916 750 tonnes, confirmant la dynamique de croissance observée ces dernières campagnes. La récolte de coton est estimée à 598 500 tonnes, renforçant la place stratégique de cette filière dans l’économie nationale. Le budget prévisionnel alloué au secteur agricole s’élève à 164,4 milliards FCFA, soit une hausse de 2 % par rapport à 2025, traduisant l’engagement accru de l’État en faveur du monde rural. Ces projections s’inscrivent dans la vision stratégique « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », qui ambitionne de transformer durablement l’agriculture nationale et de consolider la résilience des producteurs.
Les principales priorités définies pour le secteur agricole s’articulent autour de six axes majeurs : la maîtrise de l’eau et l’extension des aménagements hydro-agricoles, pour sécuriser la production et réduire la dépendance aux aléas climatiques. La réforme et la sécurisation du foncier rural, afin de garantir aux producteurs une stabilité juridique et de favoriser l’investissement. La mécanisation et la modernisation des exploitations, pour accroître la productivité et renforcer la compétitivité des filières. Le développement de l’agro-industrie et la valorisation locale des produits, afin de créer de la valeur ajoutée et des emplois. Le renforcement des mécanismes de financement agricole, pour améliorer l’accès aux ressources et soutenir l’investissement. L’adaptation continue aux changements climatiques, traduisant la volonté d’assurer une agriculture durable et résiliente.
Korotoumou Sylla
