Lors de la séance du Conseil des ministres du 4 mars 2026, le Premier ministre a rappelé les engagements pris devant l’Assemblée nationale le 21 février dernier, relatifs au renforcement de la transparence dans la gestion des affaires publiques. Parmi les mesures conservatoires et correctives annoncées figure la rationalisation du secteur parapublic, inscrite dans une logique de modernisation de l’Administration, de réduction du train de vie de l’État et de maîtrise des dépenses publiques.
Selon la communication du Premier ministre Ousmane Sonko, un groupe de travail a déjà été mis en place pour élaborer un plan de rationalisation du secteur parapublic. Ses travaux ont permis d’identifier les chevauchements de missions, les synergies possibles, les attributions similaires exercées par l’Administration, ainsi que les repositionnements pertinents.
À l’issue de ses analyses, le groupe a proposé la suppression de 19 entités, représentant en 2025 des dotations budgétaires de 28,051 milliards FCFA, une masse salariale annuelle de 9,227 milliards FCFA, un effectif de 982 agents et une dette globale de 2,6 milliards FCFA arrêtée au 31 décembre 2024.
Le repositionnement de 10 entités, impliquant la redéfinition de leurs modèles d’intervention, la réaffirmation de leurs missions, ainsi que la révision de leur cadre juridique et de leur doctrine d’investissement.
Selon les projections, cette opération devrait générer une économie nette cumulée d’au moins 55 milliards FCFA sur les trois prochaines années, tout en optimisant l’organisation du secteur parapublic. Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’adopter, dans certains domaines, une politique viable avant toute opération de rationalisation.
Le plan prévoit la dévolution du patrimoine des entités supprimées et des mesures d’accompagnement sur le plan social, notamment le redéploiement des personnels et la gestion des contentieux. Le Premier ministre a exhorté l’ensemble des ministres à se mobiliser pour assurer la mise en œuvre effective de ce plan, qui sera piloté par un comité interministériel.
Ce plan de rationalisation doit s’accompagner d’une dynamique d’amélioration de la gouvernance du secteur parapublic, axée la maîtrise des salaires et des effectifs, l’harmonisation des grilles de rémunération, l’utilisation optimale des crédits budgétaires, l’actualisation du classement des structures, le respect des normes de création, le renforcement du contrôle et de l’évaluation, la capacitation des acteurs.
Dans ce cadre, le Premier ministre a instruit le ministre des Finances et du Budget, en lien avec le Secrétaire général du Gouvernement, de veiller au strict respect des attributions de la Commission d’évaluation des agences d’exécution et du Comité de suivi du secteur parapublic. Il a également demandé que ces organes soient dotés de ressources budgétaires adéquates afin de garantir leur fonctionnement optimal.
Aminata Dembélé
