Lors du Conseil des ministres tenu sous la présidence du Chef de l’État, le Premier Ministre a livré une communication axée sur deux volets majeurs : la campagne de commercialisation de l’arachide et les orientations gouvernementales pour réguler les relations entre l’industrie et le commerce.
Le Premier Ministre a rappelé la tournée qu’il a effectuée dans le bassin arachidier afin d’apprécier l’état d’avancement du dispositif de commercialisation. Cette mission lui a permis d’échanger directement avec les producteurs, opérateurs économiques, huiliers industriels, transporteurs, banquiers, collectivités territoriales et services techniques de l’État. Ces échanges ont mis en lumière plusieurs contraintes persistantes : le respect du prix plancher, le manque de liquidité et la lenteur des paiements, la taxe à l’exportation, l’insuffisance des points de collecte ainsi que la lenteur dans le déchargement des camions. Réaffirmant la priorité accordée à la campagne de commercialisation, le Premier Ministre a assuré que l’État demeure pleinement engagé à garantir un prix juste aux producteurs, à fluidifier les paiements, à sécuriser les circuits de collecte et à protéger les installations industrielles.
Parmi les décisions prises lors du Conseil des ministres, le Premier Ministre a annoncé un relèvement significatif de l’objectif de collecte de la SONACOS, qui passe de 250 000 tonnes à 450 000 tonnes, traduisant l’ambition du Gouvernement de renforcer la filière arachidière.
Sur le plan financier, il a été précisé que 50 milliards FCFA ont été mobilisés, dont 22 milliards auprès de la Banque Agricole (LBA) et 28 milliards auprès de la Banque nationale de Développement économique (BNDE), grâce à une intervention par adjudication sur le marché monétaire.
Concernant les subventions, elles seront désormais accordées uniquement aux industriels capables de justifier un approvisionnement direct auprès des points de collecte agréés et respectant le prix plancher fixé par l’État.
S’agissant de l’exportation des graines, la suspension de la taxe de 40 FCFA/kg est conditionnée à un approvisionnement exclusif auprès des points agréés, afin de sécuriser les circuits officiels et d’éviter les dérives.
Le Premier Ministre a également insisté sur l’installation et le fonctionnement effectif des points de collecte agréés, tout en appelant à la mobilisation de tous les moyens pour mettre fin aux circuits parallèles. Enfin, il a annoncé la création d’un comité chargé de formuler des propositions pour une nouvelle politique arachidière, destinée à moderniser et réguler durablement la filière.
Concernant le riz produit dans le Nord du pays, le Premier Ministre a instruit le Ministre du Commerce de lui présenter un plan d’actions opérationnel et structuré pour le déstockage et la commercialisation, afin de mieux valoriser cette production locale.
Le Premier Ministre a également abordé les difficultés du secteur industriel : faible productivité, déficit d’infrastructures, manque d’innovation et fiscalité inadaptée face à la concurrence déloyale.
Il a relevé que l’afflux massif de produits finis importés, souvent plus compétitifs, crée une asymétrie fiscale et douanière défavorable à la production locale. Pour y remédier, il a demandé au Secrétaire général du Gouvernement, en relation avec les ministères sectoriels, de veiller à l’élaboration d’une réglementation spécifique pour favoriser les débouchés des produits locaux, la mise en œuvre de mesures correctives (suspension ou suppression de certaines taxes, révision des taux), l’application d’une fiscalité adaptée au cordon douanier.
Awa Coumba Sanogo
