L’Observatoire Malien des Produits Pétroliers (OMAP) a publié ce vendredi 27 mars 2026 un communiqué fixant les prix indicatifs à la pompe des produits pétroliers applicables sur l’ensemble du territoire à partir du samedi 28 mars 2026.
Le super carburant sans plomb est désormais fixé à 875 FCFA le litre, marquant une hausse sensible pour les automobilistes. Le prix du gasoil atteint 940 FCFA le litre, au même niveau que le distillat diesel oil, ce qui alourdit les charges des transporteurs. Le fuel oil 180 est quant à lui fixé à 675 FCFA le litre, offrant un léger répit par rapport aux autres produits. Le pétrole lampant et le Jet A-1 restent à prix libre, laissant aux distributeurs la latitude de fixer leurs tarifs. Le gaz butane non subventionné connaît une flambée : 1 179 FCFA le kilogramme, soit 3 245 FCFA pour la bouteille de 2,75 kg et 7 075 FCFA pour celle de 6 kg. Ces ajustements interviennent dans un contexte de pénurie persistante de carburant depuis octobre 2025, conséquence des attaques sur les corridors routiers qui acheminent les produits pétroliers vers Bamako. La situation est aggravée par les tensions internationales liées à la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
À Faladié, Aminata, commerçante, exprime son inquiétude :
« Avec le super à 875, mes frais de transport explosent. Je crains que les prix des denrées suivent la même courbe. »
Dans les rues de Bamako, Moussa, chauffeur de SOTRAMA, partage sa frustration :
« Le gasoil à 940, c’est intenable. Nous allons devoir augmenter les tarifs de transport, mais les passagers n’ont déjà plus les moyens. »
Fatoumata, mère de famille, déplore la flambée du gaz domestique :
« Le gaz butane est devenu un luxe. Comment cuisiner quand la bouteille de 6 kg dépasse 7 000 FCFA ? Beaucoup vont retourner au bois, avec les risques pour la santé et l’environnement. »
Pour Dr. Ibrahim Konaté, économiste spécialisé en énergie, la flambée des prix au Mali s’explique par une double contrainte.
« La flambée des prix au Mali est directement liée à la rareté de l’offre. La fermeture du détroit d’Ormuz a réduit les flux mondiaux, tandis que les attaques sur les corridors régionaux ont isolé Bamako. Le pays paie donc une double facture : celle de la géopolitique internationale et celle de l’insécurité locale. Sans diversification des sources d’approvisionnement et sécurisation des routes, ces hausses risquent de perdurer », précise-t-il.
Souleymane Coulibaly
