Le Niger a adopté pour l’exercice 2026 un budget sans précédent de plus de 2 922 milliards de francs CFA, marquant une étape déterminante dans la conduite des politiques publiques. Cette loi de finances traduit une volonté affirmée : consolider la souveraineté économique du pays à travers une mobilisation renforcée des ressources internes et une orientation résolue vers le développement.
Dans cette loi de finances désormais en vigueur, plus de 1 119 milliards de francs CFA sont dédiés aux investissements et aux infrastructures. Les secteurs productifs, considérés comme les véritables moteurs de la croissance et de la création de richesses, bénéficient d’une attention particulière. Cette enveloppe illustre la volonté des autorités de dynamiser l’économie nigérienne par des projets structurants et durables.
Le budget 2026 comporte également des mesures sociales fortes destinées à soutenir les ménages. Parmi elles, l’exonération de la TVA sur des produits de première nécessité tels que le lait, le mil, le maïs, le riz, les médicaments, le gaz butane, ainsi que sur les services liés à l’éducation et à la santé. Ces dispositions visent à alléger le coût de la vie et à préserver le pouvoir d’achat des citoyens dans un contexte économique marqué par de multiples pressions.
Sur le plan fiscal, la loi introduit de nouvelles dispositions notamment la création d’une taxe sur les transferts d’argent, y compris électroniques et la mise en place d’un impôt progressif sur les salaires, allant de 1 % à 35 %.
Par ailleurs, une discipline accrue est instaurée dans la gestion des finances publiques. Les paiements supérieurs à 2 millions FCFA devront obligatoirement passer par le système bancaire. Les contrôles fiscaux seront intensifiés et les sanctions renforcées afin de lutter contre la fraude et d’améliorer la mobilisation des recettes.
Le budget consacre aussi des ressources substantielles à des secteurs stratégiques pour la stabilité et le développement du pays. Parmi ces secteurs il y a l’énergie, pour améliorer l’accès et moderniser les infrastructures, la sécurité, afin de répondre aux défis persistants dans la région sahélienne et l’aménagement du territoire, pour favoriser un développement équilibré et inclusif.
Ces dernières semaines, l’adoption de l’Ordonnance n° 2025-44 du 31 décembre 2025, portant loi de finances pour l’exercice budgétaire 2026, a suscité de nombreuses critiques. Plusieurs analystes rappellent qu’un État ne peut durablement mobiliser des ressources qu’à partir d’une base économique solide, structurée et formalisée.
Selon une spécialiste de l’environnement économique nigérien, la dynamique actuelle de refondation impose une nouvelle lecture des finances publiques.
« Réformer l’État, c’est aussi repenser les fondements de la mobilisation des ressources internes. Dans cette perspective, l’élargissement de l’assiette fiscale ne peut se réduire à une simple hausse des taux ou à un durcissement des contrôles. Il doit reposer sur des bases stables, inclusives et productives, parmi lesquelles l’inclusion financière occupe une place centrale », explique-t-elle.
Khadidiatou M. Maïga
