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Inflation en zone euro: la BCE alerte sur les risques d’un conflit prolongé au Moyen-Orient

La Banque centrale européenne (BCE) s’inquiète des répercussions économiques d’une guerre qui s’étend au Moyen-Orient. Son économiste en chef, Philip Lane, a averti dans une interview accordée au Financial Times que la poursuite des hostilités entre les États-Unis, Israël et l’Iran pourrait provoquer une flambée des prix de l’énergie et fragiliser la croissance de la zone euro.

Depuis lundi, l’escalade militaire s’est intensifiée : Israël a ouvert un nouveau front au Liban tandis que l’Iran multiplie ses frappes contre les États du Golfe. Cette dynamique a déjà entraîné une hausse de plus de 10 % du prix du pétrole, accentuant les tensions sur les marchés mondiaux.

« Une envolée des prix de l’énergie exerce une pression immédiate sur l’inflation et pèse sur l’activité économique », a expliqué Lane, en soulignant que l’ampleur de l’impact dépendra de la durée et de l’étendue du conflit.

Les travaux de la BCE montrent qu’un choc énergétique durable pourrait provoquer une hausse marquée de l’inflation et une chute brutale de la production. Une étude récente estime qu’une augmentation permanente du prix du pétrole de cette ampleur pourrait ajouter 0,5 point à l’inflation et retrancher 0,1 point à la croissance.

Selon les dernières données, l’inflation en zone euro s’établit à 1,7 %, en deçà de l’objectif de 2 % fixé par la BCE. Pour Lane, cette situation laisse penser qu’une hausse limitée des prix ne déclencherait pas immédiatement une réponse monétaire, d’autant que les instruments de politique monétaire agissent avec retard et ne peuvent contrer les fluctuations de court terme.

Néanmoins, la BCE rappelle qu’elle tend à relativiser les variations liées à l’énergie, tant que celles-ci ne modifient pas les anticipations à long terme ni ne se propagent à l’inflation sous-jacente par des effets indirects. Pour l’heure, les marchés n’anticipent pas de changement du taux de dépôt fixé à 2 % pour l’année.

Cette prudence illustre la difficulté des autorités monétaires : maintenir la stabilité des prix tout en composant avec des chocs géopolitiques imprévisibles. Si le conflit devait s’enliser, l’équilibre fragile de la zone euro pourrait être sérieusement remis en cause.

Souleymane Coulibaly

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