À l’issue de la 24ᵉ Assemblée Générale Ordinaire de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC), la République de Guinée a été portée à la présidence du Conseil des Gouverneurs pour une durée de douze mois. Au-delà du protocole, cette désignation marque un signal fort : elle consacre l’émergence d’une Guinée qui s’affirme désormais comme un acteur incontournable de la transformation économique régionale.
Longtemps perçue comme une économie riche en ressources mais insuffisamment valorisée, la Guinée a engagé un repositionnement stratégique majeur. Le pays a lancé le programme Simandou 2040, une vision à quinze ans destinée à remodeler en profondeur son modèle de développement.
L’ambition est claire : passer d’une économie centrée sur l’extraction minière à une économie diversifiée, industrialisée et résiliente. La présidence du Conseil des Gouverneurs de la BIDC apparaît ainsi comme une reconnaissance de cette crédibilité nouvelle, mais aussi comme un levier d’influence inédit.
Cette responsabilité est incarnée par Ismaël Nabe, Ministre du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement, désormais Président du Conseil des Gouverneurs. Cette configuration assure une continuité entre la vision nationale et l’action régionale.
« Cette présidence ne constitue pas seulement une responsabilité institutionnelle ; elle est une opportunité stratégique pour repenser le rôle des banques régionales de développement. Notre ambition est claire : mobiliser davantage de capitaux, accélérer le financement des transformations structurelles et faire de l’Afrique de l’Ouest un espace d’investissements intégrés, compétitifs et souverains», a affirmé M. Naba
La BIDC, bras financier de la CEDEAO, joue un rôle déterminant dans le financement des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture et du secteur privé. En prendre la présidence, c’est se placer au cœur des arbitrages qui dessineront l’économie ouest-africaine de demain.
Pour la Guinée, l’enjeu dépasse le cadre institutionnel orienter les flux financiers vers des projets structurants, promouvoir des mécanismes innovants comme le blended finance, renforcer l’intégration économique régionale, catalyser l’investissement privé à grande échelle.
Cette nomination s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un repositionnement géopolitique fondé sur la diversification des partenariats et le passage d’un modèle d’aide à un modèle d’investissement.
Pour certains analystes, la Guinée ne se contente plus d’être un participant ; elle devient force de proposition et d’influence. À la croisée des financements multilatéraux, des partenariats bilatéraux et des investisseurs privés, elle ambitionne désormais de jouer le rôle de plateforme stratégique pour l’Afrique de l’Ouest.
Aminata Dembélé
